1. La règle de l'annexe 9, pas à pas
L'indicateur de confort d'été (arrêté du 31 mars 2021, annexe 9, consolidé par l'arrêté du 8 octobre 2021) repose sur cinq critères, répartis en deux familles :
- Deux critères éliminatoires : les protections solaires extérieures et l'isolation de la toiture.
- Trois critères secondaires : l'inertie thermique, le caractère traversant et les brasseurs d'air fixes.
Le niveau se déduit ensuite en deux temps :
- Si l'un des deux critères éliminatoires n'est pas satisfait → le niveau est « insuffisant », quels que soient les critères secondaires.
- Si les deux critères éliminatoires sont satisfaits → on compte les critères secondaires : au moins deux sur trois → « bon » ; sinon → « moyen ».
Cette règle est purement informative : elle ne modifie ni l'étiquette énergie ni l'étiquette climat du DPE.
2. Hiérarchie des sources par critère
Pour chaque critère, l'outil retient la source disponible la plus fiable, dans cet ordre de priorité :
- Fichier XML — les indicateurs déclarés dans la sortie XML officielle du DPE (bloc confort d'été) priment dès que le fichier est fourni.
- Données ADEME — les caractéristiques techniques retrouvées depuis le numéro de DPE ou l'adresse (qualité d'isolation de la toiture, classe d'inertie).
- Réponses déclaratives — vos réponses aux questions complémentaires (protections solaires, traversant, brasseurs) lorsque la donnée est absente.
- Convention réglementaire — la convention 1975 pour l'isolation de la toiture lorsque ni la donnée ni la réponse ne sont disponibles (voir ci-dessous).
Lorsqu'un critère reste inconnu, l'outil n'invente jamais de valeur : il rend une fourchette honnête (pire cas / meilleur cas) plutôt qu'un verdict tranché.
3. La convention 1975
Lorsque la qualité d'isolation de la toiture est inconnue, l'outil applique une convention réglementaire fondée sur l'année de construction : un logement construit avant 1975 (première réglementation thermique française) est réputé mal isolé en toiture, et un logement construit à partir de 1975 est réputé isolé. Si l'année exacte manque, on utilise le libellé de période de construction (borne haute de la fourchette) ; si les deux sont absents, le critère reste inconnu et alimente la fourchette.
4. Neutralisation du critère toiture en appartement
Pour un appartement en rez-de-chaussée ou en étage intermédiaire — sans toiture ni comble au-dessus du logement — le critère d'isolation de la toiture ne s'applique pas (annexe 9). Il est affiché « non évalué » mais considéré comme satisfait dans le calcul, puisqu'il n'y a pas de plancher haut déperditif. Un appartement au dernier étage ou sous combles est, au contraire, traité comme une maison et soumis à la convention 1975.
5. Immeubles et outre-mer
- DPE à l'immeuble (annexe 9.1) : l'indicateur officiel n'est pas évalué pour un DPE établi à l'échelle du bâtiment collectif. L'outil calcule tout de même une estimation, clairement signalée « estimation OneDpe », en précisant que l'indicateur officiel n'existe pas pour ce document.
- Outre-mer (codes postaux 97x / 98x) : l'indicateur de l'annexe 9 est défini pour la métropole. En outre-mer, l'outil ne rend pas de verdict et affiche un message dédié — un indicateur hygrothermique adapté à ces climats est à l'étude.
6. Périmètre et limites de la version 1
Périmètre : DPE de logements existants (base ADEME dpe03existant). Les DPE neufs et les DPE tertiaires sont hors périmètre en version 1.
- Les protections solaires sont déclaratives en version 1 : le fichier plat ADEME ne porte pas la présence de fermetures extérieures, ce critère éliminatoire repose donc sur votre réponse (ou le fichier XML). Nous recommandons de téléverser le XML pour fiabiliser le verdict.
- L'estimation n'est pas un DPE : seul le DPE établi par un diagnostiqueur certifié fait foi.
7. Statut réglementaire
Une « lettre confort d'été » a été annoncée le 15 juillet 2026, mais aucun texte n'a été publié à ce jour. L'indicateur de l'annexe 9 reste en vigueur et cet outil demeure valide : si un texte officiel paraissait, nous mettrions à jour la méthode et les articles associés en conséquence.
8. Attribution & version
- Données DPE : ADEME (Licence Ouverte 2.0).
- Données climat d'été (jours chauds, nuits tropicales, projection 2030) : Météo-France, CLIMADIAG Commune / DRIAS-TRACC (Licence Ouverte 2.0), à la commune et au département.
- Version de la règle : 1.1.0
Score Été OneDpe 0-100 — méthode propriétaire
Au-delà de l'indicateur officiel 3 niveaux ci-dessus, OneDpe calcule un score propriétaire 0-100 (classe A-G, A = meilleur confort d'été) qui gradue le bâti et le croise avec le climat local. Il est indicatif et non officiel, distinct de l'indicateur de l'annexe 9 et du futur indicateur 2028.
Formule : Score = 100 − (0,65 × pénalités bâti + 0,35 × exposition climatique), borné 0-100.
- Bâti : pénalités graduées des critères annexe 9 — protection solaire −30 et toiture −20 (éliminatoires), inertie −15, traversant −10, brasseurs −5, plus surchauffe solaire 0-10.
- Climat : sévérité estivale du département (Météo-France CLIMADIAG : nuits tropicales + jours très chauds), pondérée présent 0,7 / 2030 0,3.
- Calibration : seuils de classe calés sur les septiles nationaux du score (199 875 DPE), validés par la monotonie médiane (insuffisant < moyen < bon déclarés) et une distribution A-G saine. Positionnement : plus fiable que l'indicateur déclaré, dont 16,4 % divergent des critères saisis sur le diagnostic lui-même (mesure OneDpe, 9 663 670 DPE).
- Limites actuelles : un critère répondu « je ne sais pas » n'est pas pénalisé (score optimiste — un indice de confiance est affiché) ; la composante climatique reste au département, tandis que l'effet d'îlot de chaleur urbain (LCZ) est résolu à l'adresse depuis la version 0.5.0 du score.
- Version du score : 0.5.0
Paramètres complets — refaire le calcul vous-même
Tous les nombres qu'utilise le score figurent ci-dessous. Rien d'autre n'entre dans le calcul.
Seuils de classe (sur le score 0-100) : A ≥ 84 · B ≥ 77 · C ≥ 70 · D ≥ 65 · E ≥ 61 · F ≥ 52 · G < 52. Ce sont les septiles nationaux mesurés sur 199 875 DPE (22/07/2026). Ils n'ont pas bougé lors de l'ajout du facteur étage (0.4.0) ni de l'activation de l'îlot de chaleur (0.5.0, recalage sur 1 999 249 DPE).
Facteur étage (appartements seulement) : dernier étage +6 × sévérité (malus), rez-de-chaussée −4 × sévérité (bonus), appliqué à la composante bâti. Aucune méthode réglementaire ne modélise cet effet ; la magnitude est un réglage expert, pas une mesure.
Îlot de chaleur urbain (LCZ → offset) : appliqué à la composante climat, puis multiplié par la sévérité locale (donc nul en climat frais). La référence est la LCZ 6 (tissu ouvert bas, dominant du parc), à 0.
| LCZ (WUDAPT) | Offset |
|---|---|
| 1, 2 — compact haut / moyen | +8 |
| 3 — compact bas | +5 |
| 10 — industrie lourde | +5 |
| 8 — grande emprise basse | +4 |
| 4, 5 — ouvert haut / moyen | +1 |
| 6, 7, 9, 15, 16 — ouvert bas, léger, épars, minéral, nu | 0 (référence) |
| 13 — broussaille | −2 |
| 12, 14 — arbres épars, végétation basse | −3 |
| 11, 17 — arboré dense, eau | −4 |
Surchauffe solaire (0-10) : rapport surface vitrée sud-équivalente / surface habitable, projeté linéairement entre les 75ᵉ et 90ᵉ percentiles de la zone climatique : H1a 0,85–1,29 · H1b 0,76–1,02 · H1c 0,73–0,96 · H2a 0,80–1,04 · H2b 0,76–1,03 · H2c 0,74–0,98 · H2d 0,68–0,88 · H3 0,76–1,06 (défaut 0,78–1,00 si la zone est inconnue).
Composante climat : sévérité composite = 0,6 × nuits tropicales + 0,4 × jours très chauds, pondérée présent 0,7 / 2030 0,3, puis renormalisée de 0-80 vers 0-100. Si le climat n'est pas résolu, il est entièrement écarté et le poids du bâti est renormalisé à 1 — le score n'est jamais dégradé par une donnée manquante.
Indice de confiance : (nombre des 5 critères annexe 9 réellement connus ÷ 5) × 0,7 si le climat manque × 0,5 si le diagnostic est un DPE d'immeuble ou d'outre-mer. Un critère répondu « je ne sais pas » n'est pas pénalisé — le score est optimiste, et c'est l'indice de confiance qui le signale.
À quelle fréquence l'indicateur déclaré est faux
Nous avons réappliqué la règle de l'annexe 9 aux cinq paramètres saisis sur chaque diagnostic, puis comparé le résultat au verdict effectivement écrit par le diagnostiqueur. Voici la comparaison complète — en ligne ce que le diagnostic déclare, en colonne ce que la règle donne.
| Déclaré ↓ / Recalculé → | Insuffisant | Moyen | Bon |
|---|---|---|---|
| Insuffisant | 869 125 | 49 357 | 43 457 |
| Moyen | 100 338 | 904 631 | 23 017 |
| Bon | 133 217 | 39 844 | 206 471 |
La diagonale, c'est l'accord. En dehors, 16,4 % des diagnostics affichent un verdict qui contredit leurs propres critères saisis. L'asymétrie compte : un verdict « insuffisant » est confirmé dans 90,4 % des cas, un « moyen » dans 88,0 %, mais un « bon » dans 54,4 % seulement — et 35,1 % des diagnostics déclarés « bon » ressortent « insuffisants » une fois la règle appliquée. Au total, la part recalculée d'« insuffisant » est de 46,5 %, contre 40,2 % déclarés.
Mesuré sur un échantillon de 25 % (2 413 909 diagnostics) des 9 663 670 qui renseignent l'indicateur ; 44 452 cas indécidables faute d'un paramètre sont écartés plutôt que forcés. Contrôle externe : l'étude Pouget Consultants / IGNES du 16 juin 2026 publie le même recalcul sur sa propre extraction et obtient 46,39 % d'« insuffisant », 42,17 % de « moyen », 11,44 % de « bon » — nos chiffres sont 46,54 / 41,94 / 11,52.
Sources : carte LCZ WUDAPT Europe 100 m (Demuzere et al. 2019, CC BY 4.0) ; climat Météo-France CLIMADIAG Commune / DRIAS-TRACC (Licence Ouverte 2.0). Publié le 2 août 2026 — si vous refaites le calcul et trouvez un écart, le moteur fait foi et nous voulons le savoir.