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Votre logement est-il une bouilloire thermique ?

Testez en 60 secondes l'indicateur réglementaire de confort d'été de votre logement (arrêté du 31 mars 2021, annexe 9) — depuis votre n° DPE, votre adresse ou votre fichier XML.

GratuitRègle officielle annexe 9Sans compte
46,5 %

des logements ressortent « insuffisants » après recalcul de l'annexe 9 — contre 40,2 % déclarés sur le DPE.

Mesure OneDpe sur 9 663 670 diagnostics renseignés (base ADEME, août 2026) — données non redressées : elles ne représentent pas le parc français entier.

Les 5 critères de l'indicateur confort d'été

L'indicateur repose sur cinq critères définis par l'arrêté du 31 mars 2021, annexe 9. Deux sont éliminatoires : si l'un fait défaut, le confort d'été est « insuffisant », quels que soient les autres. Les trois critères secondaires départagent ensuite les niveaux « moyen » et « bon ».

  • Critère éliminatoire

    Protections solaires extérieures

    Volets, stores ou casquettes placés à l'extérieur des baies exposées au sud, à l'est et à l'ouest. Ils arrêtent le rayonnement solaire avant qu'il ne traverse le vitrage : sans eux, le logement chauffe même bien isolé.

  • Critère éliminatoire

    Isolation de la toiture

    Isolation du plancher haut, des combles ou de la toiture-terrasse. Le toit est la surface la plus exposée au soleil ; une toiture non isolée transmet la chaleur directement dans les pièces de vie sous les combles.

  • Critère secondaire

    Inertie thermique

    Capacité des matériaux lourds (murs épais, dalle béton) à stocker la fraîcheur de la nuit et à la restituer le jour. Une inertie lourde lisse les pics de température ; une construction légère surchauffe vite.

  • Critère secondaire

    Logement traversant

    Présence de fenêtres sur au moins deux façades d'orientation différente, qui permet une ventilation naturelle traversante. Ouvrir la nuit crée un courant d'air rafraîchissant qui évacue la chaleur accumulée.

  • Critère secondaire

    Brasseurs d'air fixes

    Ventilateurs de plafond installés à demeure. Ils ne refroidissent pas l'air mais accélèrent son mouvement, ce qui abaisse la température ressentie de deux à trois degrés pour une consommation minime.

Règle de combinaison (annexe 9) : les deux critères éliminatoires doivent être satisfaits, puis au moins deux des trois critères secondaires pour atteindre le niveau « bon » — sinon « moyen ».

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Ce que l’indicateur réglementaire ne regarde pas

Nous avons analysé 11,2 millions de diagnostics pour comprendre ce que l'indicateur de confort d'été dit vraiment — et ce qu'il laisse de côté. Deux constats en sont sortis.

Premier constat : le trou de renseignement est plus petit qu'il n'y paraît

L'indicateur figure sur le DPE depuis juillet 2021, et il est renseigné dans 86,4 % des cas. Ce chiffre mérite une explication, parce qu'on lit souvent qu'un diagnostic sur trois en serait dépourvu. C'est vrai si l'on compte tous les DPE de la base — mais une grande partie d'entre eux sont des diagnostics de logement <strong>générés automatiquement depuis le DPE de l'immeuble</strong>, pour lesquels la réglementation ne prévoit tout simplement pas d'évaluer le confort d'été (annexe 9 § 9.1). Nous les écartons : 4,2 millions de diagnostics, et l'essentiel du trou apparent. Une fois cette correction faite, maisons et appartements sont d'ailleurs à égalité — 86,5 % contre 86,4 % — alors que l'écart brut semblait considérable.

Deuxième constat : la répartition réelle des verdicts

Sur les 9 663 670 diagnostics qui renseignent l’indicateur, voici comment les trois niveaux se répartissent.

Deuxième constat : la répartition réelle des verdicts
Niveau déclaréPart des diagnostics renseignés
Insuffisant40,2 %
Moyen43,2 %
Bon16,6 %

Ces 40,2 % sont l'indicateur tel qu'il est écrit dans les diagnostics. Nous avons aussi réappliqué nous-mêmes la règle de l'annexe 9 aux cinq critères saisis dans chaque DPE : la part d'« insuffisant » monte alors à 46,5 %. L'écart n'est pas une question de périmètre — c'est que 16,4 % des diagnostics affichent un verdict qui ne correspond pas à leurs propres caractéristiques. Les deux chiffres mesurent des choses différentes, et nous publions les deux. Aucun n'est redressé pour représenter le parc entier.

Le point aveugle : la règle note le bâtiment, pas le climat

L'annexe 9 évalue cinq caractéristiques du logement — protections solaires, isolation de toiture, inertie, ventilation traversante, brasseurs d'air. Aucune ne dépend de l'endroit où se trouve le bâtiment. Une maison identique reçoit donc le même verdict à Lille et à Menton. C'est une propriété assumée de la règle, pas un défaut caché : elle mesure la capacité du bâti, indépendamment de la sollicitation climatique.

Mais l'effet sur le classement des territoires est spectaculaire. Nous avons croisé le verdict déclaré avec un score interne qui ajoute le climat local et l'effet d'îlot de chaleur urbain. Le palmarès s'inverse : des villes parmi les mieux notées par la règle comptent parmi les plus exposées une fois la chaleur réelle prise en compte. C'est le plus visible sur la façade méditerranéenne, mais ce n'est pas qu'une affaire de Sud — Paris arrive au 2ᵉ rang des communes les plus exposées, avec un score de 53 sur 100, en cumulant un bâti médiocre et un îlot de chaleur urbain que la règle ignore entièrement.

Le point aveugle : la règle note le bâtiment, pas le climat
VillePart d’« insuffisant » déclaréeScore Été (100 = le plus confortable)
Mandelieu-la-Napoule21,4 %58
Antibes22,3 %58
Menton24,2 %58
Nice24,2 %58
Montpellier24,7 %58

Médiane nationale : 67. Ces cinq villes figurent parmi les mieux notées par la règle — au-delà du 390ᵉ rang sur les 426 villes d'au moins 3 000 diagnostics que nos volumes permettent de classer — et parmi les plus exposées une fois le climat intégré. Nous publions le score et non un rang : les cinq sont exactement à égalité à 58, dans un groupe de 14 communes qui partagent ce score. Les départager par un rang reviendrait à publier l'ordre d'un tri, pas une différence mesurée.

L’inverse existe aussi

Roubaix affiche la pire part d'« insuffisant » des 426 villes que nos volumes permettent de classer, à 68,2 %. Son bâti est effectivement en cause : logements anciens, peu de protections solaires. Une fois le climat intégré, la ville remonte au 114ᵉ rang sur ces 426 — elle reste donc dans le tiers le plus exposé, mais loin du peloton méditerranéen. Un mauvais verdict réglementaire n'annonce donc pas mécaniquement un été invivable, et un bon verdict ne garantit rien sur la Côte d'Azur. C'est toute la limite d'un indicateur qui ne regarde que les murs.

Les erreurs qui faussent le test

  1. 1

    Compter les protections intérieures

    Le critère ne retient que les protections situées à l'extérieur du vitrage — volets battants ou roulants, stores extérieurs, casquettes, brise-soleil — sur les fenêtres exposées au sud, à l'est ou à l'ouest et sur les baies de toit. Les fenêtres au nord sont hors périmètre.

    Ce que ça change : Stores, rideaux ou films posés à l'intérieur ne comptent pas : quand la chaleur les atteint, elle a déjà traversé la vitre. Or c'est un critère éliminatoire — le compter à tort suffit à faire passer un verdict d'« insuffisant » à « moyen » ou « bon ».

  2. 2

    Cocher « traversant » pour un logement d’angle

    Des fenêtres sur deux façades ne suffisent pas toujours : la règle demande qu'aucune orientation ne concentre plus de 75 % de la surface vitrée. Un logement d'angle dont presque toutes les baies regardent du même côté n'est donc pas traversant. La question du test est une simplification — votre réponse est reprise telle quelle, le test ne mesure pas la répartition des surfaces vitrées.

    Ce que ça change : Un critère secondaire compté à tort peut faire passer le résultat de « moyen » à « bon ». Seul le fichier XML du diagnostic, qui porte le critère tel que le diagnostiqueur l'a déclaré, permet de trancher.

  3. 3

    Se tromper d’étage en appartement

    La position du logement dans l'immeuble décide à elle seule du sort du critère toiture : en rez-de-chaussée ou à un étage intermédiaire il est neutralisé ; au dernier étage ou sous combles il redevient éliminatoire et, faute de qualité d'isolation déclarée, il est tranché par l'année de construction — avant 1975, la toiture est réputée non isolée.

    Ce que ça change : Quand le DPE porte déjà l'étage, c'est cette donnée qui prime et votre réponse ne fait que la pré-remplir. C'est donc lorsque le diagnostic est muet sur l'étage qu'une réponse inexacte peut faire basculer le verdict entre « insuffisant » et « bon » sans qu'aucun autre critère ne change.

  4. 4

    Confondre ventilateur et brasseur d’air fixe

    Le critère vise un brasseur installé à demeure, typiquement un ventilateur de plafond. Un ventilateur sur pied, un modèle posé sur un meuble ou un rafraîchisseur d'air ne comptent pas. La question ne propose d'ailleurs pas « je ne sais pas » : elle vaut « non » tant que vous ne la changez pas.

    Ce que ça change : Répondre « oui » à tort ajoute un critère secondaire et peut faire passer le niveau de « moyen » à « bon ». À l'inverse, laisser la question en l'état vous prive du critère si vous avez réellement un ventilateur de plafond.

  5. 5

    Lire une fourchette comme un verdict

    Quand un critère reste à « je ne sais pas », l'outil n'invente pas de valeur : si la réponse peut changer le niveau, il affiche une fourchette, du pire au meilleur cas, plutôt qu'un verdict ; si elle ne peut rien changer, il tranche quand même.

    Ce que ça change : Ne retenez pas la borne haute : le pire cas est le scénario prudent. Le Score Été affiché juste en dessous ne pénalise pas un critère inconnu — il est donc optimiste, et l'indice de confiance sous le score baisse pour le signaler. Importer le fichier XML du diagnostic lève l'ambiguïté et rend un niveau unique.

  6. 6

    Prendre l’estimation pour le DPE officiel

    Le résultat du test est une estimation, y compris lorsque vous activez les leviers « et si vous faisiez ces travaux ». Poser des volets extérieurs ne met pas à jour le diagnostic existant : il faut un nouveau DPE pour que le niveau change officiellement.

    Ce que ça change : Avancer un niveau dans une annonce ou une négociation sur la seule foi du test n'a aucune valeur légale. Seul le DPE établi par un diagnostiqueur certifié fait foi.

Sources et limites

Indicateur réglementaire : arrêté du 31 mars 2021, annexe 9. Chiffres déclaratifs calculés sur notre base nationale de diagnostics (catégorie A), DPE réalisés depuis juillet 2021, restreints aux maisons et appartements de France métropolitaine — les DOM-TOM et les autres types de bâtiment sont hors périmètre. Données non redressées, donc non représentatives du parc de logements total : un DPE est établi principalement à l'occasion d'une vente ou d'une location, ce qui sur-représente les logements qui changent de mains. Le croisement climatique repose sur un score interne, calculé sur un échantillon de 25 % de cette base et sans aucune valeur réglementaire : il complète l'indicateur officiel, il ne le remplace pas. l'étude complète · notre méthodologie

Questions fréquentes