Étude OneDpe
Passoires thermiques : à la limite de la classe F, 7 DPE sur 10 tombent du bon côté
En Angleterre, le même phénomène n’apparaît que là où la règle s’applique, et la base nationale des certificats permet de le mesurer. En France, selon la Cour des comptes, moins d’un DPE sur mille a été contrôlé en 2023.
À la limite qui fait basculer un logement en classe F, celle des passoires thermiques, 7 diagnostics de performance énergétique (DPE) sur 10 tombent du bon côté, contre 1 sur 2 ailleurs sur l’échelle. Sur 9,8 millions de DPE établis entre 2022 et 2025, OneDpe estime l’excès à 33 449 diagnostics, soit +35 %. Le même phénomène existe en Angleterre, uniquement dans le parc où la règle s’applique, et sa base nationale des certificats permet de le mesurer.
Étude publiée le · Chiffres figés au · Source : OneDpe.fr
- Communiqué (PDF)
- Communiqué en anglais (PDF)
- Les 5 infographies (ZIP)
- Infographies en anglais (ZIP)
- Note de méthode (PDF)
- Note de méthode en anglais (PDF)
Contact presse : Steven Annonziata · presse@onedpe.fr
Les chiffres clés
- Compté, sans modèle7 sur 10
- des DPE à une unité de la limite tombent du bon côté, contre 1 sur 2 ailleurs sur l’échelle
- 43 882 logements affichent 69 kg CO₂/m²/an (dernière valeur de la classe E), 17 299 affichent 70 (première valeur de la classe F) : 72 %, contre 51 % en moyenne aux autres valeurs. Aucune des 131 valeurs témoins ne dépasse 56 %. Logements de plus de 40 m².
- Estimé, intervalle publié+35 %
- de DPE de plus que prévu juste avant la classe F : 33 449 diagnostics sur 9,8 millions
- Limite d’émissions de la classe F (70 kg CO₂/m²/an), DPE issus d’une visite, France métropolitaine, 2022-2025. Intervalle de confiance à 95 % : de +22 % à +43 %. Positif dans les 948 variantes de calcul testées.
- Estimé, Angleterre et pays de Galles+39,8 %
- de certificats juste au-dessus du seuil d’interdiction de louer dans le locatif privé anglais, contre −1,1 % dans le parc social, que la règle ne vise pas
- Seuil de 39 points SAP, registre anglo-gallois 2012-2026 : +39,8 % sur 4 395 103 certificats du locatif privé, −1,1 % sur 4 229 524 certificats du parc social. Les deux intervalles de confiance ne se recouvrent pas.
- Cour des comptes, 2023Moins d’1 sur 1 000 en 2023
- DPE contrôlés en France en 2023, selon la Cour des comptes ; aucun chiffre officiel n’est publié pour 2024 et 2025
- 0,08 % selon la Cour des comptes (rapport du 3 juin 2025) : 3 819 opérations de surveillance, dont 937 sur place. Les deux pays ne contrôlent pas le même objet (le diagnostiqueur en France, le certificat outre-Manche) ; atteindre le volume du plancher anglais de 2 % des certificats demanderait 80 448 opérations par an.
« Le problème n’est pas le diagnostiqueur, c’est le système. On a fait du DPE la clé du marché locatif sans se donner les moyens de vérifier qu’il est juste. Les Britanniques se sont donné de quoi mesurer leur propre fiabilité. En France, aucun de ces indicateurs n’existe. »
Ce que montre l’étude
Juste avant la classe F, 7 DPE sur 10 du bon côté
À la limite d’émissions qui fait passer un logement en classe F, 70 kg de CO₂ par m² et par an, les diagnostics ne se répartissent pas au hasard. Parmi les logements de plus de 40 m², 43 882 affichent 69 kg, dernière valeur de la classe E, et 17 299 seulement affichent 70 : 72 % tombent du bon côté, contre 51 % en moyenne partout ailleurs sur l’échelle. Par rapport à ce que prédit la courbe, on compte 33 449 DPE de plus que prévu près de la limite : +35 %. Cet excès est aussi visible, plus faiblement, à la limite de la classe E (+21 %). Le Conseil d’analyse économique avait mesuré ce type d’effet de seuil en 2024 (Focus n° 105), sur l’étiquette énergie et jusqu’à fin 2023, avec une remontée au seuil F/G en 2023 ; l’étiquette climat, que mesure cette étude, n’y était pas étudiée.
Quand la limite bouge, l’entassement la suit
Le 1er juillet 2024, la limite des classes a changé pour les logements de 40 m² et moins, qui ont désormais une borne propre à leur surface. Elle n’a pas changé pour les autres. L’entassement a suivi : chez les petits logements, la part du bon côté de leur nouvelle borne est passée de 50 % à 74 %, pendant qu’elle retombait à 47 % à l’ancienne limite de 70 kg, contre 71 % auparavant. Chez les logements plus grands, dont la limite n’a pas bougé, rien n’a changé : 73 %, puis 70 %. Et ce n’est pas un goût pour les nombres ronds : pour 98,9 % de ces petits logements, la nouvelle borne n’est pas un multiple de dix.
En Angleterre, l’anomalie n’existe que là où la règle s’applique
Dans le parc privé anglais et gallois, un logement noté sous 39 points SAP, en bande F ou G, ne peut plus faire l’objet d’un nouveau bail depuis 2018, ni d’aucun bail depuis 2020. Le parc social n’est pas soumis à cette règle. Sur le même registre, au même seuil, l’excès atteint +39,8 % dans le locatif privé et il est nul dans le parc social (−1,1 %). Cette comparaison n’est possible que parce que le registre britannique indique si le logement est loué ou occupé par son propriétaire. La base française ne le dit pas, ne distingue plus la vente de la location depuis juillet 2021, et ne dit plus qui a établi le diagnostic.
Moins d’un DPE sur mille contrôlé en 2023
En 2023, selon la Cour des comptes, 0,08 % des DPE ont été contrôlés : 3 819 opérations de surveillance, dont 937 sur place ; aucun chiffre officiel n’est publié pour 2024 et 2025. En Angleterre et au pays de Galles, au moins 2 % des certificats sont audités chaque année. Les deux dispositifs ne contrôlent pas le même objet, le diagnostiqueur en France, le certificat outre-Manche ; atteindre ce volume demanderait toutefois 21 fois plus d’opérations de contrôle, environ 80 000 par an. Le contraste existe aussi en France même : les travaux financés par les certificats d’économies d’énergie doivent être contrôlés sur place dans 10 % à 15 % des cas selon les années, soit cent à cent quatre-vingt-dix fois plus que le diagnostic qui les déclenche (une opération de travaux d’un côté, un diagnostiqueur de l’autre : une comparaison d’instrumentation, pas de probité). Outre-Manche, un audit échoue au-delà d’un écart chiffré, 5 points SAP, et le certificat est remplacé. En France, aucune tolérance chiffrée n’est publiée, et aucun texte n’oblige à retirer un DPE jugé défectueux. La France a pourtant deux règles que l’Angleterre n’a pas : trois des six contrôles d’un diagnostiqueur se font sur place, et depuis octobre 2025 l’ADEME signale automatiquement les anomalies aux organismes certificateurs.
Quatre mesures pour savoir ce que vaut un DPE
La directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments (UE 2024/1275, art. 27 et annexe VI) impose un contrôle indépendant qui « garantit la délivrance d’au moins 90 % de certificats de performance énergétique valides, avec une confiance statistique de 95 % », mesuré par échantillonnage aléatoire, et la publication du nombre de certificats évalués. Elle devait être transposée au plus tard le 29 mai 2026 ; à notre connaissance, ces dispositions ne le sont pas, et aucun de ces indicateurs n’est publié en France. OneDpe ne demande pas plus de sanctions : il manque d’abord de quoi mesurer. Quatre mesures coûteraient peu ; la directive exige la première, et les trois autres existent déjà outre-Manche :
- Publier chaque année le nombre de DPE contrôlés, le taux de contrôle et le taux d’échec.
- Fixer et publier une tolérance chiffrée au-delà de laquelle un contrôle échoue, comme les 5 points SAP britanniques.
- Enregistrer dans la base de l’ADEME si le logement est loué ou occupé par son propriétaire, comme le fait le registre anglais.
- Si une dérogation pour coût excessif voit le jour (le Sénat en a adopté une en juillet 2026), la tenir dans un registre public, comme le registre anglo-gallois des dérogations.
Ce que l’étude ne dit pas
- +35 % ne signifie pas que 35 % des DPE sont faux : ce sont 33 449 diagnostics de plus que prévu juste avant la classe F, sur 9,8 millions.
- L’étude ne dit pas que ces DPE seraient des passoires déguisées, ni quelle classe ces logements devraient avoir. Et « 7 sur 10 » concerne les DPE situés à une unité de la limite, pas l’ensemble des DPE.
- Elle ne met en cause aucun professionnel : elle décrit la forme d’un fichier de plusieurs millions de lignes, jamais un dossier. Aucune statistique par diagnostiqueur, cabinet ou logiciel n’est produite, d’aucun côté de la Manche.
- Elle ne peut pas trancher entre deux explications : des données saisies ajustées près de la limite, ou des DPE défavorables qui disparaissent plus souvent de la base publiée. Les DPE désactivés n’y figurent pas, et le motif d’une désactivation n’est enregistré nulle part.
- Elle ne dit pas que les DPE anglais sont plus fiables : aucun des deux pays ne publie le taux d’échec de ses contrôles.
- Elle ne dit rien d’un logement en particulier. Les chiffres publiés sont des planchers : plusieurs choix de méthode jouent tous dans le sens de la sous-estimation.
La copie à publier, la méthode à vérifier
L’analyse complète ne se coupe pas bien par la fin. Plutôt que de la laisser tailler au hasard, la copie est ici — libre de réutilisation, y compris commerciale, avec le crédit « Source : OneDpe.fr ». Pour qui préfère vérifier le décompte plutôt que le reprendre, la note de méthode en donne le périmètre, les clés, les conventions et les limites, en entier.
- Communiqué de presse (français)
Le communiqué du 3 novembre 2026, une page : les quatre constats, les quatre propositions, les citations et les réserves.
- Communiqué de presse (anglais)
Le même communiqué en anglais.
- Note de méthode complète (français)
De quoi refaire le calcul sans nous : corpus, filtres, conventions de bornes, les deux mesures et leurs contrôles, le tableau des non-comparabilités France / Angleterre et pays de Galles, les énoncés exacts avec leurs effectifs et intervalles, et le journal des énoncés retirés.
- Note de méthode complète (anglais)
Le même document en anglais.
Les infographies
Libres de réutilisation, y compris commerciale, avec le crédit « Source : OneDpe.fr ». Cliquez une vignette pour l’agrandir et la télécharger — PNG 3200 px, SVG modifiable, épreuve noir et blanc.
Juste avant la classe F, les DPE s’entassent
Quand la limite bouge, l’entassement la suit
Angleterre : l’anomalie seulement là où la règle s’applique
Moins d’un DPE sur mille contrôlé
Ce que chaque pays sait mesurer
Les autres chiffres du dossier
- Calendrier légal4 fois en 11 ans
- la France relève l’exigence minimale d’un logement loué ; l’Angleterre ne l’a pas relevée depuis 2018France métropolitaine : moins de 450 kWh d’énergie finale par m² et par an au 1er janvier 2023, classe F au 1er janvier 2025, E en 2028, D en 2034 (loi n° 89-462, art. 6 ; décrets n° 2021-19 et n° 2023-796). Angleterre et pays de Galles : bande E pour les nouveaux baux depuis le 1er avril 2018, pour tous les baux depuis le 1er avril 2020 ; le relèvement annoncé le 21 janvier 2026 n’est pas encore du droit en vigueur.
- Droit en vigueur3 500 £
- le plafond de dépense opposable au bailleur anglais ; en France, aucun plafond n’exonère de l’interdiction de louerPlafond toutes taxes comprises par logement, en vigueur depuis le 1er avril 2019 ; au-delà, le bailleur inscrit une dérogation de cinq ans au registre public des dérogations. Le relèvement à 10 000 £ est annoncé, pas en vigueur. Droit arrêté au 19 août 2026.
- Compté27 %
- des DPE sont établis à partir du DPE de l’immeuble, et non d’une visite du logement : ils servent de groupe témoin4 436 634 certificats sur 16 273 573 (27,26 %). Pour eux, la valeur se calcule depuis l’immeuble : franchir un seuil ne se joue pas au logement. Au seuil de la classe E, ils ne montrent aucun excès (−0,5 %), contre +21,4 % pour les DPE issus d’une visite.
Les données
Ce que chaque pays enregistre, et donc ce qu’il peut mesurer
| Donnée | Angleterre et pays de Galles | France, depuis juillet 2021 |
|---|---|---|
| Le logement est-il loué ou occupé par son propriétaire ? | Enregistré | Absent |
| Vente ou location ? | Enregistré | Absent depuis juillet 2021 |
| Qui a établi le diagnostic ? | Enregistré | Anonymisé depuis juillet 2021 |
| Pourquoi un certificat a-t-il été désactivé ? | Non documenté par l’étude | Le motif n’existe nulle part |
| Plancher de contrôle | 2 % des certificats par an, plus un audit par diagnostiqueur tous les 12 mois | Aucun plancher exprimé en part des DPE ; 0,08 % contrôlés en 2023 |
| Seuil d’échec d’un contrôle | 5 points SAP ; le certificat est remplacé | Aucune tolérance chiffrée publiée |
| Taux d’échec des contrôles publié chaque année | Non | Non (18 % de manquements cités une fois par la Cour des comptes, pour 2023) |
| Registre des dérogations à l’interdiction de louer | Ouvert le 1er octobre 2017, public depuis le 5 mai 2026 | Aucun |
| Qui contrôle la décence énergétique des baux | La collectivité locale, avec obligation d’agir | Aucune autorité |
Droit et registres arrêtés au 19 août 2026. Le taux d’échec des audits n’est publié dans aucun des deux pays.
France : la part du bon côté, seuil par seuil, y compris là où elle dérange
| Valeur (kg CO₂/m²/an) | Part du bon côté | DPE comptés | Ce qu’est cette valeur |
|---|---|---|---|
| 70 | 72 % | 61 181 | entrée en classe F |
| 50 | 64 % | 121 943 | entrée en classe E |
| 11 | 64 % | 430 294 | frontière B/C, sans enjeu réglementaire direct |
| 100 | 61 % | 12 965 | entrée en classe G |
| 131 valeurs témoins | 51 % en médiane, 56 % au plus | — | valeurs à plus de deux unités d’une limite |
DPE issus d’une visite, France métropolitaine, 2022-2025, logements de plus de 40 m². La frontière B/C, sans enjeu légal, porte elle aussi une marche : l’étude la publie et n’en tire aucune estimation.
Le contrôle interne français : les DPE dérivés d’un DPE d’immeuble
| Seuil et population | Excès | Intervalle de confiance à 95 % | DPE dans la fenêtre |
|---|---|---|---|
| Classe E (50 kg) — DPE issus d’une visite | +21,4 % | de +14,0 % à +24,8 % | 1 871 687 |
| Classe E (50 kg) — DPE dérivés d’un DPE d’immeuble | −0,5 % | de −5,0 % à +4,4 % | 743 625 |
Pour un DPE dérivé d’un immeuble, franchir un seuil ne se joue pas au logement : au seuil de la classe E, l’excès y est nul. Les lignes au seuil de la classe F sont dans la note de méthode. Ces DPE ne sont pas un témoin parfait (logements collectifs, chauffage collectif plus fréquent).
Quand la limite bouge, l’entassement la suit : logements de 40 m² et moins
| Population | Période | Part du bon côté de la borne applicable | Part du bon côté de l’ancienne limite de 70 kg |
|---|---|---|---|
| 40 m² et moins | avant le 1er juillet 2024 | 50 % (3 476) | 71 % (5 785) |
| 40 m² et moins | après le 1er juillet 2024 | 74 % (3 207) | 47 % (3 942) |
| Plus de 40 m² (témoin) | avant le 1er juillet 2024 | 73 % (41 617) | — |
| Plus de 40 m² (témoin) | après le 1er juillet 2024 | 70 % (19 594) | — |
Entre parenthèses, le nombre de DPE comptés. Seuil d’émissions entre les classes E et F, DPE issus d’une visite, France métropolitaine, 2022-2025. Intervalles exacts (Clopper-Pearson) dans la note de méthode.
Angleterre et pays de Galles : deux parcs, deux règles, un même registre
| Parc | Certificats | Excès au seuil de 39 points SAP | Intervalle de confiance à 95 % |
|---|---|---|---|
| Tout le registre, hors logements neufs | 20 716 467 | +13,94 % | de +9,4 % à +18,7 % |
| Locatif privé (soumis à la règle) | 4 395 103 | +39,8 % | de +28,1 % à +52,4 % |
| Parc social (non soumis) | 4 229 524 | −1,1 % | de −7,9 % à +6,9 % |
Registre des certificats d’Angleterre et du pays de Galles, 2012-2026, hors logements neufs. Le statut d’occupation manque sur 14,5 % des lignes. Les échelles française et anglaise n’ont ni la même unité ni la même largeur de classe : ces pourcentages ne se comparent pas directement aux chiffres français.
En France, le diagnostic est bien moins contrôlé que les travaux qu’il déclenche
| Ce qui est contrôlé | Année | Plancher ou taux |
|---|---|---|
| Travaux aidés par les certificats d’économies d’énergie : contrôles sur site imposés | 2023 | 10 % |
| Idem | 2024 | 12,5 % |
| Idem | 2025 | 15 % |
| Coup de pouce rénovation globale, calorifugeage des réseaux | — | 100 % |
| DPE de logement contrôlés (Cour des comptes) | 2023 | 0,08 % |
| Même nombre de contrôles, rapporté aux DPE publiés en données ouvertes | 2023 | 0,097 % |
Sources : bilans annuels de la direction générale de l’énergie et du climat ; Cour des comptes, rapport du 3 juin 2025. Les deux planchers ne portent pas sur le même objet (une opération de travaux d’un côté, un diagnostiqueur de l’autre) : c’est une comparaison d’instrumentation, pas de probité.
La méthodologie
Publiée intégralement pour que quiconque puisse la vérifier, la répliquer ou la contester.
Périmètre, définition, sources et limites
Périmètre
France : 9 843 867 DPE de logements existants issus d’une visite (hors DPE dérivés d’un DPE d’immeuble), France métropolitaine, établis de 2022 à 2025. La part de 72 % (43 882 et 17 299 DPE) exclut les logements de 40 m² et moins, dont les limites de classe dépendent de la surface. Le millésime 2021 et l’outre-mer sont exclus. Angleterre et pays de Galles : 20 716 467 certificats hors logements neufs, 2012 à mi-2026 ; l’Écosse et l’Irlande du Nord tiennent des registres distincts.
Ce que le chiffre signifie
Deux mesures, à lire dans cet ordre. La proportion : à chaque limite de classe, on compte les DPE à la dernière valeur du bon côté et à la première valeur du mauvais côté, sans aucun modèle ; ailleurs sur l’échelle, elle vaut 51 % en moyenne. L’excès : on compare le nombre de DPE proches de la limite à ce que prédit une courbe ajustée sur le reste de la distribution ; il dépend de choix de calcul, d’où les 948 variantes testées, toutes positives.
Sources
- ADEME, diagnostics de performance énergétique des logements existants (méthode 2021), instantané du 11 juin 2026 : 16 273 573 certificats. Licence Ouverte 2.0.
- Registre des certificats de performance énergétique d’Angleterre et du pays de Galles : 23 552 693 certificats, 2012 à mi-2026. Contains public sector information licensed under the Open Government Licence v3.0.
- Cour des comptes, rapport du 3 juin 2025 ; direction générale de l’énergie et du climat, bilans du dispositif des certificats d’économies d’énergie ; Scheme Operating Requirements (Angleterre et pays de Galles), édition 2025.
- Méthode d’estimation de l’excès : Chetty, Friedman, Olsen et Pistaferri (2011) ; Kleven et Waseem. Validité de la proportion sur un score discret : Cattaneo, Titiunik et Vazquez-Bare (2017).
- Étude produite par OneDpe (RIANN SAS), éditeur d’outils d’analyse de DPE : l’intérêt commercial est déclaré. Droit de réponse : droit-de-reponse@onedpe.fr, dans les conditions de l’article 6 IV de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004.
Limites — ce que cette étude ne dit PAS
- Deux mécanismes sont compatibles avec l’excès, et les données ne permettent pas de les séparer : un ajustement des données saisies près de la limite, ou la disparition sélective de certificats de la base publiée. Sur 2021-2026, au moins 1 428 641 certificats ont été retirés de la base (8,07 % de la cohorte d’origine), sans motif enregistré.
- L’excès n’est ni une preuve d’intention ni un énoncé sur un dossier ou un professionnel. Aucune statistique par diagnostiqueur, cabinet, logiciel ou organisme n’est produite, d’aucun côté de la Manche.
- Les chiffres publiés sont des planchers : la fenêtre exclue, la dilution par les logements dont l’étiquette ne change pas au seuil (22,71 % de la fenêtre), les certificats retirés et le régime de bornes retenu jouent tous dans le sens de la sous-estimation.
- Les deux pays n’ont pas la même échelle : un score de coût en points SAP d’un côté, deux grandeurs physiques de l’autre, l’étiquette française retenant la plus mauvaise des deux classes. L’étude ne compare les deux pays qu’à méthode alignée, jamais par leurs taux bruts.
- Les règles de contrôle disent ce que chaque dispositif impose, pas ce qu’il produit. Le contrôle français porte sur un diagnostiqueur, l’audit anglais sur un certificat : leurs taux ne se convertissent pas l’un dans l’autre.
- La base française ne contient aucun DPE antérieur au 2 juillet 2021 : l’avant-réforme ne peut pas être mesuré. L’étude ne publie aucun taux de contrôle pour 2024 ou 2025, faute de source publiée.
Citations
Attribuables et prêtes à publier. Pour une interview, voir le contact ci-dessous.
« Ce que nous proposons ne coûte presque rien : publier un taux de contrôle, chiffrer une tolérance, enregistrer si un logement est loué. Les deux derniers existent en Angleterre depuis des années. »
À propos de OneDpe
OneDpe.fr est une plateforme indépendante d'outils d'analyse du Diagnostic de Performance Énergétique. Elle propose des outils gratuits — vérification de la cohérence d'un DPE, estimation de la décote, simulation 3CL, simulation de l’étiquette au coefficient 1,7 des DPE établis en France métropolitaine à compter du 1ᵉʳ janvier 2027, estimation de travaux de rénovation — et s'appuie sur l'analyse de plusieurs millions de diagnostics issus de l'open data ADEME, croisés avec les données de transactions immobilières (DVF). OneDpe est édité par RIANN SAS (Paris).
Pour aller plus loin
Journaliste ? Chiffres détaillés, interview et extractions sur mesure : presse@onedpe.fr — réponse sous 24 h.
Steven Annonziata, cofondateur de OneDpe (RIANN SAS) et auteur de l’étude — disponible pour commenter, en français ou en anglais, sous 24 h.