1
← Espace presseDossier de presse : imprimez cette page (Ctrl+P / ⌘P) pour obtenir le PDF complet.

Étude exclusive — vague 1

Le bilan du coefficient de conversion de l’électricité

Près de 400 000 logements diagnostiqués sont sortis du statut de passoire sans travaux — et 600 000 que rien n’en sortira

Le 1ᵉʳ janvier 2026, le coefficient de conversion en énergie primaire de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9 (arrêté du 13 août 2025). Aucun bilan de cette réforme n’a été publié depuis. Nous l’avons fait, et nous ne l’avons pas modélisé : 392 948 logements diagnostiqués ont quitté le statut de passoire énergétique du seul fait de ce changement — sans un kWh économisé et sans un euro de travaux. L’ADEME a conservé les deux étiquettes, l’ancienne et la nouvelle ; nous les avons comptées, une par une, sur 14 938 757 diagnostics. C’est plus d’une passoire diagnostiquée sur cinq : 22,86 %. Un projet d’arrêté ferait passer le même coefficient à 1,7 au 1ᵉʳ janvier 2027 ; s’il était publié en l’état, 161 479 logements diagnostiqués de plus quitteraient le statut, sur un périmètre cible de 9 625 591. Et 604 669 n’en sortiront par aucun coefficient : ce n’est pas leur consommation qui les classe, c’est leur chaudière.

Étude publiée le · Chiffres figés au · Source : OneDpe.fr

Les chiffres clés

compté392 948
logements diagnostiqués sortis du statut de passoire par le passage de 2,3 à 1,9
sur les 14 938 757 diagnostics dont l’ADEME a conservé les deux états — soit 22,86 % des 1 718 766 passoires au barème 2,3, qui tombent à 1 325 818
compté, puis reconstitué au barème604 669
logements diagnostiqués que leurs seules émissions maintiennent passoires quel que soit le coefficient
58,52 % des 1 033 290 passoires qui subsisteraient au barème 1,7 sur le périmètre cible de 9 625 591 — dont 95,46 % au gaz ou au fioul et 95,44 % construits avant 1975
reconstitué au barème, et simulé pour 7,8 % des cas161 479
sorties supplémentaires si le projet d’arrêté 1,7 était publié en l’état
13,52 % des passoires restantes au barème 1,9, sur le périmètre cible de 9 625 591 ; 147 117 comptées, 14 362 simulées

Le contrôle qui pouvait échouer

0 sur 714 457sorties parmi les passoires dont la classe carbone publiée est F ou G

Ce chiffre ne mesure rien du sujet : il mesure notre chaîne. Un logement que ses émissions classent passoire ne peut pas être libéré par un coefficient qui ne touche qu’à l’énergie — donc si notre mesure avait été fausse, ce nombre aurait été positif. Il est nul, sur les 714 457 cas concernés.

« 604 669 logements diagnostiqués que ce coefficient ne libérera jamais, parce que ce n’est pas leur consommation qui les classe, c’est leur chaudière. Un coefficient ne décarbone pas une chaudière. »
Steven Annonziata, cofondateur de OneDpe (RIANN SAS)

La copie, la méthode, les données

L’analyse complète ne se coupe pas bien par la fin. Plutôt que de la laisser tailler au hasard, la copie est ici — libre de réutilisation, y compris commerciale, avec le crédit « Source : OneDpe.fr ». Pour qui préfère vérifier le décompte plutôt que le reprendre, la note de méthode en donne le périmètre, les clés, les conventions et les limites, en entier. Et pour qui préfère faire son propre angle local, les données sont servies en fichier tableur, territoire par territoire.

  • Données par département, 97 lignes (CSV, en-têtes françaises)

    Les 95 départements métropolitains — la Corse agrégée sous le code 20 —, plus deux lignes hors classement sans lesquelles les colonnes ne boucleraient pas : les diagnostics non géocodés, et l’outre-mer agrégé. Par département : diagnostics, passoires aux trois barèmes, sorties du pas accompli et du pas conditionnel, arc cumulé, taux cumulé et taux du second pas, rangs sur 95 avec le nombre d’ex æquo, et passoires bloquées par le carbone. Trois colonnes bouclent exactement sur les chiffres de cette page : diagnostics (9 625 591), passoires au barème 2,3 (1 588 358) et arc cumulé (555 068). Les cinq autres sont courtes du seul outre-mer, que le jeu canonique ne publie que sur ces trois-là — 197, 158, 99, 39 et 84 unités, toutes bornées par ses 296 passoires. Servir l’outre-mer ligne à ligne reproduirait un taux que le plancher interdit. Aucun taux sous ce plancher de 1 000 passoires au barème 2,3 : ces cellules portent un jeton texte, jamais un vide qui se lirait « zéro ».

  • Données par département (CSV, en-têtes anglaises)

    Le même fichier, colonnes et jetons en anglais, pour un desk international ou un tableur configuré en anglais.

  • Communiqué de presse (français)

    La copie telle qu’elle part aux rédactions : titre, chapô, le mécanisme en trois paragraphes, la borne carbone, l’état réglementaire du projet d’arrêté 1,7, et les citations attribuables. Libre de réutilisation, y compris commerciale, avec le crédit « Source : OneDpe.fr ».

  • Communiqué de presse (anglais)

    Le même communiqué en anglais. Les phrases publiables y sont des originaux anglais, pas des traductions libres.

  • Note de méthode complète (français)

    De quoi refaire le décompte sans nous : le périmètre opposable et pourquoi il diffère de la base entière, les six populations à ne pas confondre, ce que recouvre chaque nature de chiffre, les définitions de taux, les contrôles qui pouvaient échouer et ce qu’ils ont donné, la transposition au parc avec son critère écrit avant la mesure, et les limites déclarées.

  • Note de méthode complète (anglais)

    La même note en anglais.

Les infographies

Libres de réutilisation, y compris commerciale, avec le crédit « Source : OneDpe.fr ». Cliquez une vignette pour l’agrandir et la télécharger — PNG 3200 px, SVG modifiable, épreuve noir et blanc.

  • Rien n’a été rénové : seul le coefficient a changé

  • Un coefficient ne décarbone pas une chaudière

  • Le mécanisme et la borne carbone : le même fait, vu deux fois

  • Le critère a été écrit avant la mesure

Les autres chiffres du dossier

reconstitué au barème156 067
des 604 669 logements que leurs seules émissions maintiennent passoires (25,81 %) le sont par leur seul carbone, au seuil réglementaire qui est le leursur l’axe énergie, ils sont déjà E ou mieux ; 432 306 (71,89 % des 601 313 mesurables) ne dépassent ce seuil que d’une classe
compté, reconstitué au barème et simulé555 068
logements diagnostiqués sortis du statut sur l’arc complet 2,3 → 1,7périmètre cible de 9 625 591 — taux cumulé 34,95 %. Population différente de celle du 392 948 : sur ce périmètre, le même premier pas donne 393 589 sorties (24,78 %), et 393 589 + 161 479 = 555 068 à l’unité
transposé — ce n’est pas un dénombrement275 000
résidences principales, si l’on transpose nos taux au parc : le seul chiffre de cette page qui ne compte pas des diagnosticsfourchette 248 000 – 294 000. Nous n’estimons pas : nous transposons — nos taux de sortie, mesurés par énergie de chauffage, appliqués aux effectifs de passoires publiés par le service statistique du ministère. Le dénominateur est le leur, seuls les taux sont les nôtres. La méthode a été testée sur le pas 2,3 → 1,9, déjà appliqué et dont le résultat officiel est connu : elle y donne 650 000 contre 694 000, soit −6,3 %, là où une règle de trois rate de +29 % (figure 4). La synthèse officielle écrit « estimé à 300 000 logements », au-dessus de notre borne haute : nous corroborons l’ordre de grandeur, nous ne le reproduisons pas à l’unité

Les données

Le parc de passoires diagnostiquées, aux trois barèmes (périmètre cible)

BarèmePassoiresPart de l’assietteSorties du pas
2,3 — avant le 1ᵉʳ janvier 20261 588 35816,50 %
1,9 — en vigueur1 194 76912,41 %393 589 · taux ① 24,78 %
1,7 — projet d’arrêté1 033 29010,73 %161 479 · taux ② 13,52 %

Périmètre cible : 9 625 591 logements diagnostiqués. Définition des taux — taux ① = sorties 2,3 → 1,9 rapportées aux passoires au barème 2,3 ; taux ② = sorties 1,9 → 1,7 rapportées aux passoires au barème 1,9, dénominateur déjà allégé par la première réforme ; taux cumulé = arc rapporté aux passoires au barème 2,3, soit 34,95 %. Le 13,52 % ne se lit donc pas contre le 24,78 % : la seconde réforme s’applique à un parc déjà écrémé. Contrôle : 1 588 358 − 1 033 290 = 555 068, à l’unité. La ligne 1,7 est conditionnelle — le projet d’arrêté n’est pas publié au Journal officiel.

Le mécanisme : taux de sortie selon la part d’électricité (voie exacte, 8 871 468 diagnostics)

Part d’électricité dans la consommation finalePassoires au barème 2,3Taux ①Taux ②Part des restantes verrouillées par le carbone
moins de 25 %682 5652,31 %1,16 %85,56 %
25 – 50 %33 70825,70 %18,03 %17,84 %
50 – 75 %77 47232,57 %28,25 %0,74 %
75 – 99 %19 57436,16 %31,37 %0,40 %
100 % — tout électrique633 45145,04 %33,37 %0,35 %

Le gradient est monotone sur les cinq bandes et sur les deux pas : près d’une passoire tout électrique sur deux quitte le statut, une passoire peu électrique sur quarante-trois — un rapport de 19,5. La colonne de droite est le pont vers la borne carbone : chez les peu électriques, 85,6 % des passoires qui restent le sont par leur carbone. Le mécanisme et la borne carbone ne sont pas deux résultats, c’est le même fait vu deux fois. Une précision qui joue contre nous : l’axe est construit sur une grandeur qui surestime l’électricité effectivement portée par le coefficient, ce qui dilue la bande haute — le 45,04 % est un plancher, et le gradient réel est plus raide que celui que nous publions. Ces taux ne se recomposent pas en un taux national : ils sont mesurés sur la voie exacte seule.

Où l’on sort, où l’on ne sort pas — taux cumulé 2,3 → 1,7 par département

DépartementTaux cumulé 2,3 → 1,7dont tout électrique parmi ses passoires au barème 2,3
Hérault66,61 %73,67 %
Aude62,09 %61,85 %
Bouches-du-Rhône59,94 %69,16 %
Var59,24 %63,76 %
… (rangs intermédiaires, non publiés)
Ardennes19,22 %20,78 %
Moselle18,37 %19,28 %
Creuse18,19 %20,10 %
Haute-Saône15,40 %14,53 %

Le taux varie d’un facteur 4,3 : dans l’Hérault, deux passoires diagnostiquées sur trois quittent le statut sur l’arc complet ; en Haute-Saône, une sur six et demie. Nous n’expliquons pas cette carte par le climat, et nous ne publions aucune corrélation : les deux colonnes sont deux séries juxtaposées, jamais liées — aucun coefficient, aucun nuage de points. La démonstration du mécanisme se fait à l’intérieur d’un même vivier, jamais entre territoires. Plancher de publication : 1 000 passoires au barème 2,3. 96 départements métropolitains sont retenus, servis en 95 lignes — la Corse est agrégée sous le code « 20 », effectifs sommés et taux recalculé, à 55,58 %. Les huit codes d’outre-mer sont écartés (138 sorties au total). S’y ajoute une masse qui n’est pas un territoire et que nous laissons hors de tout classement : 156 262 diagnostics sans géocodage, portant 8 023 sorties. Les 96 départements couvrent 98,53 % de l’arc, pas la totalité.

Le coefficient sort des appartements ; ce qui reste bloqué est une maison

SegmentPassoires au barème 2,3Arc 2,3 → 1,7Taux cumuléCohorte bloquée par le carbone
Appartement825 252361 56343,81 %245 879
Maison762 980193 43925,35 %358 781

Sur notre population de diagnostics, 65,1 % des sorties de l’arc sont des appartements et 34,8 % des maisons — un partage à ne jamais écrire sans sa population : le service statistique du ministère donne 46 % / 54 % sur un parc de résidences principales modélisé, et cette base se déclare elle-même biaisée en faveur des transactions et des mises en location, deux marchés où l’appartement est sur-représenté. Mais la cohorte bloquée par le carbone s’inverse : 59,34 % de maisons, contre 41,9 % de maisons dans le périmètre. Le segment « immeuble » n’est pas servi ici : 126 passoires au barème 2,3 et 66 sorties, soit 0,01 % de l’arc — effectif donné, taux non servi, sous tout plancher de publication.

La méthodologie

Publiée intégralement pour que quiconque puisse la vérifier, la répliquer ou la contester.

Périmètre, définition, sources et limites

Périmètre

Périmètre cible, dans une rédaction faite pour être rejouée par un tiers : logements diagnostiqués en catégorie A, méthode 3CL-2021, dump ADEME figé au 2 juin 2026, hors DPE désactivés, hors DPE générés depuis un DPE d’immeuble, et hors lignes dont le coefficient de conversion mesuré ne retombe pas sur l’un des deux barèmes officiels (2,3 ou 1,9) — soit 9 625 591 logements diagnostiqués, après retrait de 4 754 030 lignes (33,1 %). Le chiffre de tête, lui, porte sur une AUTRE population : les 14 938 757 diagnostics pour lesquels l’ADEME a conservé les deux états d’énergie primaire, soit 82,06 % des 18 203 808 lignes du jeu de données et 99,50 % des diagnostics actifs établis entre juillet 2021 et décembre 2025. Sur le périmètre cible, le pas 1,9 → 1,7 est compté sur 92,165 % des lignes (8 871 468) et simulé sur les 7,8 % restants. La carte départementale retient 96 départements métropolitains, servis en 95 lignes — la Corse est agrégée sous le code « 20 », effectifs sommés et taux recalculé — au-dessus d’un plancher de 1 000 passoires au barème 2,3 ; elle couvre 98,53 % de l’arc.

Ce que le chiffre signifie

Le coefficient de conversion en énergie primaire de l’électricité est le nombre par lequel on multiplie les kilowattheures d’électricité consommés par un logement pour obtenir l’énergie primaire qui décide de son étiquette. Un logement est une passoire par son énergie, par ses émissions, ou par les deux : l’étiquette retient la pire des deux classes. Quatre natures de chiffre sont distinguées. Sur cette page elles sont écrites en toutes lettres à côté de chaque valeur ; dans les figures et dans la note de méthode, elles portent un glyphe accompagné de sa légende. ⬛ observé, « compté » : dénombrement de deux états conservés par l’ADEME elle-même, sans reconstruction, sans barème et sans hypothèse. ◨ reconstitué au barème : dénombrement sur des grandeurs publiées par l’ADEME, reclassées au barème réglementaire — une seule reconstruction, dire de quel côté du seuil la valeur tombe ; ce barème reproduit la classe carbone publiée à 99,97 % et la classe F/G énergie à 99,98 %. ⬜ simulé : réservé aux 7,8 % de diagnostics pour lesquels l’ADEME n’a jamais produit d’état à 2,3 ; là où les deux voies coexistent, la simulation sur-compte de 0,56 %. ◇ transposé : réservé au seul chiffre de parc, qui n’est pas un dénombrement — nos taux de sortie appliqués aux effectifs publiés par le service statistique du ministère, méthode éprouvée sur le pas déjà appliqué avant d’être appliquée au pas suivant. Aucune de ces quatre natures ne s’applique à un montant en euros. Définition des taux : taux ① = sorties 2,3 → 1,9 rapportées aux passoires au barème 2,3 ; taux ② = sorties 1,9 → 1,7 rapportées aux passoires au barème 1,9 ; taux cumulé = arc rapporté aux passoires au barème 2,3.

Sources

  • Base publique des diagnostics de performance énergétique, ADEME (Licence Ouverte) — extraction figée au 2 juin 2026, diagnostics établis depuis juillet 2021, méthode 3CL-2021, catégorie A
  • Arrêté du 31 mars 2021 relatif au diagnostic de performance énergétique — méthode 3CL-2021, annexe 3 (facteur de conversion de l’électricité). Version consolidée au 1ᵉʳ janvier 2027 servie par Légifrance (JORFTEXT000043353335), consultée le 17 août 2026 : elle porte « + 1,9 pour l’électricité »
  • Arrêté du 13 août 2025, NOR ATDL2519132A, Journal officiel n° 0197 du 26 août 2025, texte n° 9 — dernier texte modifiant le facteur de conversion (2,3 → 1,9)
  • Arrêté du 25 mars 2024, annexe 1 (JORFARTI000049446339), qui remplace l’annexe 5 de l’arrêté du 31 mars 2021 — barème des seuils modulés par la surface et par l’altitude, vérifié cellule par cellule (528 cellules, aucune divergence)
  • Projet d’arrêté portant le facteur à 1,7, NOR VLOL2617030A — consultation publique du 9 juillet au 6 août 2026, synthèse mise en ligne le 13 août 2026 ; examiné par le Conseil supérieur de l’énergie le 23 juillet 2026 (point 18 de l’ordre du jour ; seul l’examen est établi, aucun vote n’est public). Ni le projet ni sa note de présentation ne portent de nombre de logements, de périmètre ni de méthode — vérifié sur les documents eux-mêmes
  • Service de la donnée et des études statistiques (ministère de la Transition écologique), millésime « parc au 1ᵉʳ janvier 2025 » publié le 12 novembre 2025, et avis du Conseil supérieur de la construction et de l’efficacité énergétique du 24 juillet 2025 — estimations officielles de la réforme 1,9
  • BDNB CSTB, millésime 2025-07-a — appariement DVF × DPE, transactions mono-lot, pour le seul gradient de prix au m² sur maisons ; étude Notaires de France 2024 comme oracle externe
  • Note de méthode complète — périmètre opposable, six populations, définitions de taux, contrôles qui pouvaient échouer, limites déclarées, sources primaires et dates de consultation : jointe au communiqué et disponible sur demande

Limites — ce que cette étude ne dit PAS

  • Diagnostics ≠ logements, et la déduplication n’est que partielle. Nous retirons 1 196 586 diagnostics désactivés, dont 1 153 887 remplacements prouvés ; mais deux DPE indépendants sur le même logement — une vente, puis une relocation — ne sont liés par aucune chaîne de remplacement et restent tous deux comptés. Ce résidu n’est pas mesuré. C’est pourquoi nous écrivons « logements diagnostiqués » partout, et pourquoi nos chiffres sont des planchers.
  • La part simulée sur-compte, et nous ne prétendons pas l’avoir corrigée. La grandeur qui sert à reconstruire l’état à 2,3 surestime l’électricité effectivement portée par le coefficient (ratio 0,9842 en médiane, 0,6905 au 5ᵉ centile) ; sur le pas 2,3 → 1,9, la voie simulée sur-compte de 9,87 %. Ce biais n’affecte plus que les 7,8 % de lignes non couvertes. Nous n’écrivons nulle part que la chaîne est corrigée : nous écrivons qu’elle est bornée.
  • Les diagnostics non couverts ne sont pas neutres, et aucune règle de trois n’est permise. Les 3 265 051 lignes hors de la population du chiffre de tête comptent 15,02 % de passoires publiées contre 8,88 % chez les couverts, et 57,46 % sont désactivées. Aucune mise à l’échelle par division par le taux de couverture n’est défendable, et nous n’en faisons aucune.
  • Aucune comparaison d’effectifs avec un chiffre officiel n’est défendable — y compris quand elle nous arrangerait. Quatre écarts simultanés : la population, la date, le statut (mesure ex post contre estimation ex ante) et la géographie. La comparaison honnête est en taux, et elle ne va pas dans le sens qu’on croit : la simulation officielle fait sortir 17,7 % des passoires parmi les résidences principales, nous en dénombrons 22,86 %. Limite adjacente et non contournable : le DPE ne porte pas le statut d’occupation, nous ne savons donc pas restreindre aux résidences principales.
  • Aucun euro hors du segment maison. Le gradient de prix au m² est mesuré sur 825 719 ventes de maisons, et notre propre source interdit de l’appliquer aux appartements : hors Paris et petite couronne, un appartement classé G se vend au m² 6,2 % au-dessus d’un classé D — le gradient s’inverse. Ce ne serait pas une approximation, ce serait une erreur de signe. Trois montants calculés et justes ont été retirés de ce dossier pour ce seul motif. Le gradient n’est pas une régression contrôlée : il décrit une différence de prix constatée entre deux classes, il ne dit pas ce qu’un changement d’étiquette produirait.
  • Aucune corrélation entre départements, aucun coefficient, aucun nuage de points. La part d’électricité par département est mesurée et se publie en description juxtaposée. Motif : sur ce corpus, un biais territorial a déjà inversé un coefficient de corrélation de 0,82 en −0,32. Aucun chiffre communal non plus : nous ne travaillons qu’au code INSEE, jamais au code postal.
  • Aucun intervalle de confiance, aucun test, aucun « ± ». Nos chiffres sont des dénombrements exacts, pour lesquels c’est sans objet ; une inférence exigerait un groupement sur l’immeuble, puisque jusqu’à 51,9 % des diagnostics d’un département dérivent d’un DPE d’immeuble. Aucune moyenne d’émissions non plus : la queue de distribution est pathologique. Nous ne publions que des médianes, des centiles et des dénombrements.
  • La marge de reconstruction, chiffrée avant qu’on nous la trouve. Sur le contrôle de la première réforme, 1 164 sorties du groupe testé ne sont pas confirmées franchissement par franchissement — une borne haute de 0,30 % sur le 392 948. 2 031 lignes (0,022 %) ne sont pas reproduites en F ou G par notre barème, toutes à 40 m² ou moins. Et le premier bilan officiel ex post n’existe pas encore — le millésime « parc au 1ᵉʳ janvier 2026 » n’est pas paru : il pourra ne pas dire la même chose que nous.

Citations

Attribuables et prêtes à publier. Pour une interview, voir le contact ci-dessous.

« Une réforme a retiré l’étiquette de passoire à près de 400 000 logements diagnostiqués sans qu’un mur soit isolé, et personne n’en avait fait le compte. Nous ne l’avons pas modélisé : l’ADEME a conservé les deux étiquettes, l’ancienne et la nouvelle, et nous les avons comptées une par une. Le contrôle qui pouvait nous démentir, c’est celui des 714 457 passoires que leurs émissions bloquaient : aucune n’est sortie, et si notre mesure avait été fausse, ce nombre n’aurait pas été zéro. Mais le résultat le plus important n’est pas celui-là, c’est celui qui reste : 604 669 logements diagnostiqués que ce coefficient ne libérera jamais, parce que ce n’est pas leur consommation qui les classe, c’est leur chaudière. Un coefficient ne décarbone pas une chaudière. Nous ne disons pas si la réforme est bonne ; nous disons ce qu’elle a fait, et ce qu’elle ne fera pas. »

Steven Annonziata, cofondateur de OneDpe (RIANN SAS)

« Le chiffre officiel et le nôtre ne mesurent pas la même chose : le leur est une estimation ex ante sur un parc de résidences principales modélisé, le nôtre un dénombrement de diagnostics, après coup, outre-mer compris. Les deux ne sont pas comparables en effectif, et nous ne les comparerons pas. Ce qui se compare, ce sont des taux. La simulation officielle de la première réforme fait sortir 17,7 % des passoires parmi les résidences principales, nous en dénombrons 22,86 %. Cet écart n’est pas une différence de réactivité, et nous avons corrigé notre propre lecture : à énergie principale de chauffage égale, nos taux de sortie sont légèrement inférieurs aux officiels — 43,42 % contre 45,40 % sur l’électricité. Il vient entièrement de la composition : nos passoires sont plus électriques que celles du parc. »

Steven Annonziata, cofondateur de OneDpe (RIANN SAS)

À propos de OneDpe

OneDpe.fr est une plateforme indépendante d'outils d'analyse du Diagnostic de Performance Énergétique. Elle propose des outils gratuits — vérification de la cohérence d'un DPE, estimation de la décote, simulation 3CL, simulation du DPE 2026, estimation de travaux de rénovation — et s'appuie sur l'analyse de plusieurs millions de diagnostics issus de l'open data ADEME, croisés avec les données de transactions immobilières (DVF). OneDpe est édité par RIANN SAS (Paris).

Pour aller plus loin

Journaliste ? Chiffres détaillés, interview et extractions sur mesure : presse@onedpe.fr — réponse sous 24 h.

Steven Annonziata, cofondateur de OneDpe (RIANN SAS) et auteur de l’étude — disponible pour commenter, en français ou en anglais, sous 24 h.