Le 1er janvier 2026, votre logement a peut-être changé de classe énergétique sans que vous ayez isolé un mur, remplacé un radiateur ou dépensé un euro. Un seul nombre a bougé dans la méthode de calcul du diagnostic de performance énergétique (DPE) : le coefficient de conversion en énergie primaire de l'électricité, passé de 2,3 à 1,9 par l'arrêté du 13 août 2025, publié au Journal officiel du 26 août 2025.
Nous avons compté ce que cette réforme a produit, diagnostic par diagnostic, sur la base publique de l'ADEME : 392 948 logements diagnostiqués ont quitté le statut de passoire énergétique du seul fait de ce changement — sans un kWh économisé et sans un euro de travaux. Un projet d'arrêté ferait passer le même coefficient à 1,7 au 1er janvier 2027. Reste la question qui vous concerne : votre logement fait-il partie du lot, et qu'est-ce que cela change à vos obligations ?
392 948 logements diagnostiqués sortis du statut de passoire, soit 22,86 % : plus d'une passoire diagnostiquée sur cinq — dénombrés sur les 14 938 757 diagnostics pour lesquels l'ADEME a conservé côte à côte l'ancienne étiquette et la nouvelle.
Ce que cet article couvre
Ce que le coefficient de conversion fait exactement à votre étiquette, ce qui a changé au 1er janvier 2026 et ce que le projet d'arrêté ferait au 1er janvier 2027, comment savoir en trois vérifications si votre logement est concerné, pourquoi 604 669 logements diagnostiqués ne bougeront d'aucun coefficient, et ce que le reclassement change — ou ne change pas — à vos obligations de bailleur.
Deux textes, deux dates : le coefficient 1,9 depuis 2026, le projet 1,7 pour 2027
La méthode de calcul du DPE est fixée par l'arrêté du 31 mars 2021 relatif au diagnostic de performance énergétique pour les bâtiments d'habitation, dite méthode 3CL-DPE 2021. Son annexe 3 porte les coefficients de conversion de l'énergie finale — celle que vous consommez — en énergie primaire, celle qui décide de l'étiquette. L'arrêté du 13 août 2025 (NOR ATDL2519132A, JORF nº 0197 du 26 août 2025) y a abaissé le seul coefficient de l'électricité, de 2,3 à 1,9, pour les diagnostics édités à compter du 1er janvier 2026. Les coefficients du gaz, du fioul, du bois et des réseaux de chaleur sont inchangés.
Un projet d'arrêté (NOR VLOL2617030A) porterait le même coefficient à 1,7 au 1er janvier 2027. Il a été mis en consultation publique du 9 juillet au 6 août 2026 et examiné par le Conseil supérieur de l'énergie le 23 juillet 2026, au point 18 de l'ordre du jour : seul l'examen est établi, aucun vote n'est public. La synthèse de consultation, mise en ligne le 13 août 2026, écrit que l'évolution conduira « à la sortie d'un certain nombre de logements du statut de passoires énergétiques (estimé à 300 000 logements), sans modification physique réelle des bâtiments ni réduction immédiate de leurs consommations ». À la date de publication de cet article, ce texte n'est pas paru au Journal officiel : la version de l'arrêté du 31 mars 2021 que Légifrance sert au 1er janvier 2027 porte toujours « + 1,9 pour l'électricité ». Tout ce qui suit sur le 1,7 est donc écrit au conditionnel, et le restera tant que le texte ne sera pas publié.
| Texte | Ce qu'il change | Date d'effet | Statut |
|---|---|---|---|
| Arrêté du 25 mars 2024 (seuils des petites surfaces) | Relève les seuils de classe des logements de 40 m² et moins | 1er juillet 2024 | En vigueur |
| Arrêté du 13 août 2025 | Coefficient de conversion de l'électricité : 2,3 vers 1,9 | 1er janvier 2026 | En vigueur |
| Projet d'arrêté NOR VLOL2617030A | Coefficient de conversion de l'électricité : 1,9 vers 1,7 | 1er janvier 2027 (si publié en l'état) | Non paru au Journal officiel |
Ces deux réformes sont distinctes, et les confondre est l'erreur la plus fréquente du sujet. Celle des petites surfaces, entrée en vigueur le 1er juillet 2024, a fait sortir du statut au moins 69 049 logements diagnostiqués avant que le coefficient n'intervienne — un plancher, mesuré sur les 1 506 571 diagnostics couverts par les deux jeux de colonnes de la base. Celle du coefficient, au 1er janvier 2026, en a fait sortir 392 948, sur les 14 938 757 diagnostics dont l'ADEME a conservé les deux étiquettes — les deux comptages n'ont pas la même base
Le cadre auquel votre étiquette vous soumet, lui, n'a pas bougé : la loi nº 2021-1104 du 22 août 2021, dite loi Climat et résilience, interdit la location des logements classés G depuis le 1er janvier 2025, des classés F au 1er janvier 2028 et des classés E au 1er janvier 2034 (code de la construction et de l'habitation, article L.173-1-1).
Le coefficient de conversion, expliqué sans être thermicien
Ce que le coefficient multiplie
Le DPE ne note pas les kilowattheures que vous payez. Il note l'énergie primaire : l'énergie qu'il a fallu mobiliser en amont pour livrer chez vous l'énergie finale que vous consommez. Le passage de l'une à l'autre se fait par un coefficient propre à chaque énergie. Pour le gaz, le fioul et le bois, il vaut 1 : 100 kWh consommés comptent pour 100 kWh d'énergie primaire. Pour l'électricité, il valait 2,3 jusqu'au 31 décembre 2025 ; depuis le 1er janvier 2026, ces mêmes 100 kWh comptent pour 190 au lieu de 230, et pour 170 si le projet d'arrêté était publié en l'état.
La conséquence est arithmétique : à consommation réelle identique, la consommation retenue par le DPE d'un logement tout électrique a baissé, du jour au lendemain, dans le rapport exact de 2,3 à 1,9. Nous mesurons ce rapport sur les données : il vaut 1,211 en masse, soit 2,3 divisé par 1,9 — la signature arithmétique de la réforme.
C'est cette consommation en énergie primaire que l'on compare aux seuils de classe. Pour un logement de plus de 40 m² situé en plaine, la frontière E/F se situe à 330 kWh d'énergie primaire par mètre carré et par an, et la frontière F/G à 420. Ces deux valeurs ne sont pas universelles : l'arrêté module les seuils pour les logements de 40 m² et moins, et pour ceux situés au-dessus de 800 mètres d'altitude en zones climatiques H1b, H1c et H2d. Sur notre périmètre d'analyse, 1 944 044 diagnostics — 20,20 % — ont un seuil modulé : 1 856 501 par la surface, 128 340 par l'altitude. Lire son DPE contre « le seuil de 330 » sans vérifier sa surface est une erreur courante.
Ce que le coefficient ne change pas : votre facture
La réforme ne touche ni au prix du kilowattheure, ni à votre consommation réelle, ni à la performance du bâtiment. Elle change la convention de calcul, donc l'étiquette, donc vos droits et obligations — location, audit, aides conditionnées à la classe, affichage dans les annonces. Un logement coûteux à chauffer en décembre 2025 l'est toujours en janvier 2026, avec une meilleure étiquette. C'est pourquoi nous écrivons qu'un logement sort du statut de passoire, et jamais qu'il a été rénové.
Observé, reconstitué, simulé : comment lire nos chiffres
Nos chiffres portent trois niveaux de preuve, que nous signalons plutôt que de les fondre en un seul.
| Niveau | Ce que cela veut dire |
|---|---|
| Observé | Dénombrement de deux états conservés par l'ADEME elle-même. Aucune reconstruction, aucune hypothèse. C'est le cas des 392 948 et des 604 669. |
| Reconstitué | Dénombrement sur des grandeurs publiées par l'ADEME, reclassées au barème réglementaire. Une seule reconstruction : dire de quel côté du seuil la valeur tombe. Ce barème reproduit la classe climat publiée à 99,97 % et la classe F/G énergie à 99,98 %. |
| Simulé | Réservé aux 7,8 % de diagnostics pour lesquels l'ADEME n'a jamais produit d'état à 2,3. Sur les 92,2 % restants, le pas 1,9 vers 1,7 est compté, pas simulé. |
Un point de vocabulaire, enfin : nous comptons des logements diagnostiqués, jamais un parc de logements français. Deux diagnostics indépendants sur le même logement — une vente puis une mise en location — restent tous deux comptés : nos chiffres sont des planchers.
Votre logement est-il concerné ? Ce que dit le gradient
La réponse tient en une variable : la part d'électricité dans la consommation du logement. Mesuré sur la voie exacte — les 8 871 468 diagnostics de notre périmètre cible pour lesquels l'ADEME a conservé les deux états —, le taux de sortie croît de façon monotone avec cette part, sur les deux pas de la réforme.
| Part d'électricité du logement | Sorties au pas 2,3 vers 1,9 | Sorties au pas 1,9 vers 1,7 | Parmi les passoires restantes, part bloquée par les émissions |
|---|---|---|---|
| Moins de 25 % | 2,31 % | 1,16 % | 85,56 % |
| 25 à 50 % | 25,70 % | 18,03 % | 17,84 % |
| 50 à 75 % | 32,57 % | 28,25 % | 0,74 % |
| 75 à 99 % | 36,16 % | 31,37 % | 0,40 % |
| 100 % (tout électrique) | 45,04 % | 33,37 % | 0,35 % |
Autrement dit : près d'une passoire tout électrique sur deux quitte le statut, une passoire peu électrique sur quarante-trois. Un rapport de 19,5. Si votre logement est chauffé au gaz ou au fioul, la probabilité qu'un coefficient appliqué à l'électricité change quoi que ce soit à votre étiquette est faible, et elle a un nom : 85,56 % des passoires peu électriques qui restent le sont par leurs émissions, pas par leur consommation.
Une précision qui joue contre nous, et qu'il faut donner : l'axe de ce tableau est construit sur une grandeur qui surestime l'électricité effectivement portée par le coefficient. Le biais pousse des logements peu électriques vers le haut des bandes et dilue la bande haute. Le 45,04 % est donc un plancher, et le gradient réel est plus raide que celui que nous publions. Ces taux, en revanche, ne se recomposent pas en un taux national : ils sont mesurés sur la voie exacte seule.
À vérifier sur votre DPE : l'énergie de chauffage indiquée en première page — convecteurs, radiateurs, pompe à chaleur, chauffe-eau électrique d'un côté, chaudière gaz ou fioul de l'autre ; votre consommation en énergie primaire et la marge qui vous sépare du seuil applicable à votre surface et à votre altitude, et non du seuil générique de 330 ; enfin la date d'établissement du diagnostic, car s'il est antérieur au 1er janvier 2026 il affiche encore le calcul au coefficient 2,3.
Un dernier point de contrôle si votre diagnostic a été établi en 2026 : il doit appliquer le coefficient en vigueur à sa date d'établissement, et non 2,3. Un DPE de 2026 calculé à l'ancien coefficient pénalise le logement d'environ une classe — c'est l'un des signaux qui trahissent un DPE incohérent.
Ce que le projet d'arrêté ferait, s'il était publié en l'état
Sur notre périmètre cible de 9 625 591 logements diagnostiqués, le passage de 1,9 à 1,7 ferait sortir 161 479 logements diagnostiqués supplémentaires du statut, soit 13,52 % des 1 194 769 passoires qui subsistent au barème 1,9. De ces sorties, 147 117 sont comptées sur les deux consommations publiées par l'ADEME ; 14 362 sont simulées, sur les 7,8 % de diagnostics pour lesquels l'ADEME n'a jamais produit d'état à 2,3.
Un mot sur les chiffres officiels, puisqu'ils circulent. Nous ne comparons pas notre décompte aux estimations de l'administration : les leurs sont des estimations ex ante sur un parc de résidences principales modélisé, le nôtre un dénombrement de diagnostics, établi après coup. Ce qui se compare, ce sont des taux. La simulation officielle de la première réforme fait passer les passoires parmi les résidences principales de 3,9 à 3,2 millions, soit 17,7 % de sorties ; nous en dénombrons 22,86 %. Nous en avons d'abord tiré la conclusion inverse de la bonne. La mesure dit autre chose, et il faut le dire : à énergie de chauffage égale, nos taux sont inférieurs aux officiels — 43,42 % contre 45,40 % sur l'électricité. L'écart global est donc un effet de composition, pas de réactivité : nos passoires sont simplement plus électriques que celles du parc.
Alors combien de logements, à l'échelle du pays ? Il existe une façon de le dire sans gonfler notre échantillon : emprunter le dénominateur officiel et ne prêter que nos taux, énergie de chauffage par énergie de chauffage. Et cette méthode se teste, parce que le passage de 2,3 à 1,9 est déjà appliqué et que l'administration en a publié le résultat : elle y donne 650 000 contre 694 000 officielles, soit −6,3 %, là où une simple règle de trois rate la même cible de +29 %. Le critère qui autorisait à publier a été écrit avant la mesure.
Appliquée au projet d'arrêté 1,7, la même transposition donne 275 000 résidences principales, dans une fourchette de 248 000 à 294 000. La synthèse de la consultation publique, elle, écrit que la mesure ferait sortir un nombre de logements « estimé à 300 000 logements » — au-dessus de notre borne haute. Nous ne le retrouvons donc pas à l'unité : nous en retrouvons l'ordre de grandeur, et nous publions comment. Ce chiffre-là n'est pas un dénombrement, contrairement aux 161 479 : c'est une transposition, et elle repose sur un parc que l'administration modélise.
Ce 13,52 % ne se lit pas non plus contre le 22,86 % de la première réforme : son dénominateur est un parc de passoires déjà écrémé par elle. Sur ce même périmètre cible, la première réforme sort 24,78 % des passoires du barème 2,3, la seconde 13,52 % de celles qui restent. Cumulées, les deux étapes portent 555 068 sorties sur ce périmètre de 9 625 591 diagnostics, soit 34,95 % des 1 588 358 passoires qu'il comptait au barème 2,3. Attention à ne pas rapprocher ce 555 068 du 392 948 de tête : ils ne portent pas sur la même population, le second périmètre étant plus restrictif que le premier.
Et selon votre département ?
Le taux de sortie cumulé varie d'un facteur 4,3 entre départements. Dans l'Hérault, deux passoires diagnostiquées sur trois quittent le statut sur l'arc complet (66,61 %) ; en Haute-Saône, une sur six et demie (15,40 %). Derrière elles : l'Aude (62,09 %), les Bouches-du-Rhône (59,94 %) et le Var (59,24 %) d'un côté, la Creuse (18,19 %), la Moselle (18,37 %) et les Ardennes (19,22 %) de l'autre. Notre carte départementale est métropolitaine et porte 96 départements : nous ne publions aucun taux sous 1 000 passoires au barème 2,3.
Nous n'expliquons pas cette carte par le climat et nous n'en tirons aucune corrélation. Nous donnons la seconde série à côté de la première : la part de logements tout électriques parmi les passoires au barème 2,3 vaut 73,67 % dans l'Hérault et 14,53 % en Haute-Saône. Deux séries juxtaposées, pas liées — le mécanisme se démontre à l'intérieur d'un même vivier, comme dans le tableau ci-dessus, jamais entre territoires.
604 669 logements diagnostiqués que rien n'en sortira
C'est le résultat le moins commenté et le plus utile pour un propriétaire. Un logement est passoire par sa consommation, par ses émissions de gaz à effet de serre, ou par les deux : l'étiquette retient la pire des deux classes. Un coefficient qui ne touche qu'à la consommation ne peut rien pour un logement que ses émissions classent.
C'est aussi le contrôle qui pouvait démentir notre mesure, et qui ne l'a pas fait : sur les 1 718 766 passoires du barème 2,3, 714 457 étaient déjà classées F ou G sur l'axe des émissions. Nous y dénombrons zéro sortie. Exactement zéro — si notre chaîne de mesure était fausse, ce nombre serait positif.
Sur notre périmètre cible, 604 669 logements diagnostiqués sont dans ce cas — 58,52 % des 1 033 290 passoires qui subsisteraient au barème 1,7. 95,46 % d'entre eux se chauffent au gaz ou au fioul (577 205 logements : 308 528 au gaz, 268 677 au fioul), 95,44 % ont été construits avant 1975 et 59,34 % sont des maisons individuelles, contre 41,9 % du périmètre. Leur médiane d'émissions atteint 87,9 kg CO2 par mètre carré et par an, et leur distance médiane au seuil qui est le leur 17,0 kg — l'une et l'autre mesurées sur les 601 313 logements de la cohorte pour lesquels ces grandeurs sont exploitables.
Deux chiffres méritent d'être retenus par un propriétaire qui envisage des travaux. 432 306 de ces logements — 71,89 % des 601 313 mesurables — ne dépassent leur seuil carbone que d'une seule classe. Et 156 067, un sur quatre (25,81 %), sont passoires par leur seul carbone : sur l'axe de la consommation, ils sont déjà classés E ou mieux, au seuil réglementaire qui est le leur. Pour ceux-là, l'étiquette ne dépend plus du tout du coefficient.
Profil : maison individuelle construite avant 1975, chauffée au gaz ou au fioul, classée F ou G, dont l'écart au seuil carbone tient dans une classe. Aucun coefficient de conversion appliqué à l'électricité ne la fera changer de catégorie.
On objectera qu'il suffit de changer d'énergie. Nous l'avons mesuré, et le résultat est à double tranchant. À énergie finale constante, remplacer le seul chauffage par un vecteur électrique ferait passer 589 593 de ces logements sous leur seuil carbone — 98,05 % des 601 313 — et leur médiane d'émissions de 87,9 à 32,9 kg. Mais la même substitution, lue sur l'axe de la consommation, ferait passer leur consommation médiane d'énergie primaire de 374,2 à 656,3 kWh par mètre carré et par an : 99,873 % resteraient bloqués par l'énergie. Changer d'énergie sans toucher au rendement lève les deux verrous pour 750 logements sur 600 924 : à rendement constant, on déplace le verrou, on ne l'ouvre pas.
« Le résultat le plus important n'est pas le chiffre de tête, c'est celui qui reste : 604 669 logements diagnostiqués que ce coefficient ne libérera jamais, parce que ce n'est pas leur consommation qui les classe, c'est leur chaudière. Un coefficient ne décarbone pas une chaudière. Nous ne disons pas si la réforme est bonne ; nous disons ce qu'elle a fait, et ce qu'elle ne fera pas. »
Steven Annonziata, cofondateur de OneDpe (RIANN SAS)
Ce que le reclassement change à vos obligations de bailleur
Un logement qui quitte le statut de passoire par le coefficient redevient louable à la relocation. Le régime, lui, reste celui de la loi Climat et résilience : l'interdiction de location (code de la construction et de l'habitation, article L.173-1-1) et le gel des loyers — introduit par l'article 159 de la loi nº 2021-1104 du 22 août 2021 aux articles 17-1 et 17-2 de la loi nº 89-462 du 6 juillet 1989, applicable depuis le 24 août 2022 en métropole et le 1er juillet 2024 dans les départements d'outre-mer — s'attachent aux contrats conclus, renouvelés ou tacitement reconduits après l'échéance de la classe.
⚠️ Attention : un reclassement lève le gel des loyers pour l'avenir seulement. Il n'ouvre aucun rattrapage sur les loyers passés, et le projet d'arrêté 1,7 est muet sur les baux en cours.
Concrètement : si votre logement était classé G et ressort E, vous retrouvez la possibilité de le remettre en location, mais vous ne récupérez pas les révisions de loyer que le gel vous a interdites entre-temps. Et s'il reste classé F, l'échéance du 1er janvier 2028 continue de courir : aucun de ces deux textes ne modifie le calendrier de la loi Climat et résilience.
Sur la validité de votre diagnostic, la question ne mordra pas : aucun diagnostic de notre assiette n'expire avant le 1er janvier 2027, la plus proche échéance tombant le 29 juin 2031, sur 14 379 621 diagnostics testés. Le DPE reste valable dix ans (code de la construction et de l'habitation, article D.126-19).
Ce que l'étiquette vaut — sur les maisons, et sur elles seules
Une étiquette a un prix de marché. Sur 825 719 ventes de maisons appariées à leur diagnostic (données BDNB du CSTB, millésime 2025-07-a, déjà publiées sur notre outil de décote), le prix médian au mètre carré d'une maison classée E dépasse de 190,00 € celui d'une maison classée F. Les 114 738 maisons de la voie exacte — celles dont l'ADEME a conservé les deux étiquettes — qui quittent le statut au premier pas portent un écart de prix associé à l'étiquette de 1,95 milliard d'euros, pour une surface moyenne de 89,4 m². La part simulée n'est valorisée nulle part : le montant est un plancher à ce titre aussi. C'est une différence de prix constatée entre deux classes, appliquée à des logements dont rien n'a changé — ni une richesse nouvelle, ni une prévision de transaction.
Nous ne publions aucun montant sur les appartements, ni sur l'ensemble des segments. Notre propre source l'interdit : hors Paris et petite couronne, un appartement classé G se vend au mètre carré 6,2 % au-dessus d'un classé D — le gradient s'inverse. Appliquer à un appartement le gradient d'une maison ne serait pas une approximation, ce serait une erreur de signe.
Pour un propriétaire de maison, l'arbitrage tient en deux nombres. L'écart de prix médian entre une maison classée G et une maison classée D vaut 470 €/m² (2 119 contre 1 649 €/m²) ; remonter cette même maison de G à D par des travaux coûte de l'ordre de 600 €/m² avant aides. La décote ne couvre pas le coût des travaux — et le coefficient, lui, retire l'étiquette pour zéro euro.
Les quatre erreurs à ne pas commettre
Erreur nº 1 — Croire que l'étiquette se met à jour toute seule
Un DPE établi avant le 1er janvier 2026 continue d'afficher l'étiquette calculée au coefficient 2,3. Le nouveau calcul ne réécrit pas votre document. Si votre diagnostic a été réalisé après le 1er juillet 2021 et qu'il est en cours de validité, l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME délivre gratuitement une attestation officialisant la nouvelle étiquette, sans nouveau diagnostic : la démarche est détaillée dans notre guide de la mise à jour gratuite de l'étiquette DPE.
Erreur nº 2 — Confondre les deux réformes
La réforme des seuils des petites surfaces (arrêté du 25 mars 2024, effet au 1er juillet 2024) et celle du coefficient (arrêté du 13 août 2025, effet au 1er janvier 2026) sont deux textes distincts, aux effets distincts. Un studio de 25 m² a pu changer de classe en 2024 pour la première raison, puis en 2026 pour la seconde.
Erreur nº 3 — Attendre une baisse de facture
Aucune. Le coefficient modifie la consommation comptabilisée en énergie primaire dans un calcul conventionnel, pas l'énergie qui traverse votre compteur : vos droits et obligations changent, vos dépenses de chauffage ne bougent pas d'un centime.
Erreur nº 4 — Espérer un reclassement sur un logement au gaz ou au fioul
C'est la lecture que le tableau du gradient ferme. Sous 25 % d'électricité, le taux de sortie du premier pas est de 2,31 %, et 85,56 % des passoires qui restent dans cette bande le sont par leurs émissions. Pour ces logements, la seule voie qui déplace l'étiquette reste la rénovation — et notre analyse du calendrier d'interdiction de la classe E en 2034 montre que l'échéance suivante concerne un parc bien plus large que les seules classes F et G.
⚠️ Attention : tant que le projet d'arrêté 1,7 n'est pas publié au Journal officiel, aucune décision patrimoniale ne devrait reposer sur son entrée en vigueur au 1er janvier 2027. Le coefficient applicable aujourd'hui est 1,9.
Vérifiez l'étiquette de votre logement au coefficient en vigueur
Simulateur Mon DPE 2026 de OneDpe
Reprenez les données de votre DPE existant : le simulateur applique la conversion en énergie primaire au coefficient en vigueur, affiche votre classe recalculée et la marge qui vous sépare du seuil suivant, au seuil applicable à votre surface et non au seuil générique.
Pour aller plus loin : calculateur de décote DPE et vérification de cohérence du DPE.
Conclusion
Une réforme de convention a retiré l'étiquette de passoire à 392 948 logements diagnostiqués — dénombrés sur les 14 938 757 diagnostics dont l'ADEME a conservé les deux étiquettes — sans qu'un mur soit isolé ; et sur notre périmètre cible de 9 625 591, un projet d'arrêté en ferait sortir 161 479 de plus s'il était publié en l'état. Les deux ne s'additionnent pas : ils ne portent pas sur la même population. Le partage est net : ce sont les logements électriques qui sortent, ce sont les chaudières au gaz et au fioul qui restent — 604 669 logements diagnostiqués que leurs seules émissions maintiennent dans le statut. Pour un propriétaire, la question est donc de savoir de quel côté de cette ligne se trouve son logement.
Deux réflexes en découlent. Vérifier : le simulateur Mon DPE 2026 recalcule votre classe à partir de votre diagnostic existant et vous donne votre marge au seuil applicable. Formaliser : si la classe change, l'attestation gratuite de l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME rend la nouvelle étiquette officielle, ce qui conditionne la relocation — et pèse aussi sur le financement, comme le détaille notre analyse de l'impact de la classe DPE sur un crédit immobilier.



