DPE & Rénovation

Faut-il refaire son DPE en 2026 ou attendre 2027 ?

Réforme du coefficient électricité (2,3 → 1,9), mise à jour gratuite de l'étiquette, validité 10 ans, confort d'été 2028 : faut-il refaire son DPE maintenant ou attendre ? L'arbre de décision selon que vous voulez vendre, louer ou occuper, avec un cas chiffré.

12 min de lecture
Faut-il refaire son DPE en 2026 ou attendre 2027 : arbre de décision vendre louer occuper

Depuis le 1er janvier 2026, un logement chauffé à l'électricité ne se lit plus de la même façon sur l'étiquette énergie. La réforme du coefficient de conversion en énergie primaire de l'électricité (le facteur 2,3 ramené à 1,9 dans la méthode 3CL-DPE, méthode officielle de calcul du diagnostic de performance énergétique) a fait basculer des centaines de milliers de logements vers une meilleure classe — sans qu'un seul mur ait été isolé. Selon les estimations gouvernementales, près de 850 000 logements sortiraient ainsi du statut de passoire thermique.

La question n'est donc plus seulement « mon DPE est-il à jour ? », mais « ai-je intérêt à le refaire maintenant, à le faire actualiser gratuitement, ou à attendre 2027 ? ». Car d'autres évolutions sont annoncées : un indicateur de confort d'été renforcé à l'horizon 2028, et une directive européenne qui laisse présager de nouveaux ajustements. Selon que vous voulez vendre, louer ou simplement occuper votre bien, la réponse n'est pas la même. Cet article vous donne l'arbre de décision.

Un DPE reste valable 10 ans — refaire prématurément un diagnostic encore valide, c'est payer deux fois (de l'ordre de 100 à 250 € selon les diagnostiqueurs) là où une mise à jour gratuite de l'étiquette suffit souvent depuis 2026.


Ce que cet article couvre

La réforme du coefficient d'énergie primaire de l'électricité au 1er janvier 2026 et son effet sur les étiquettes, la différence entre refaire un DPE et obtenir une mise à jour gratuite via l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME, la règle de validité de 10 ans, les évolutions à venir (confort d'été 2028, directive EPBD), et surtout un arbre de décision concret selon que vous comptez vendre, louer ou occuper votre logement — avec un cas chiffré d'un logement classé G qui repasse F ou E.


La réforme du DPE au 1er janvier 2026 : ce que dit la réglementation

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) classe un logement de A à G selon sa consommation d'énergie primaire et ses émissions de gaz à effet de serre. La consommation est exprimée en énergie primaire, ce qui suppose de convertir l'énergie finale (celle relevée au compteur) à l'aide d'un coefficient. Pour l'électricité, ce coefficient valait 2,3 depuis la réforme de 2021 : il pénalisait fortement les logements chauffés à l'électricité par rapport au gaz.

L'arrêté du 13 août 2025, publié au Journal officiel le 26 août 2025, abaisse ce coefficient de 2,3 à 1,9 dans la méthode 3CL-DPE et dans l'audit énergétique. Il s'applique aux diagnostics réalisés à compter du 1er janvier 2026. L'objectif affiché par le gouvernement est de corriger une iniquité au détriment de l'électricité décarbonée et d'aligner la France sur la valeur de référence européenne.

MesureDate d'effetRéférence
Coefficient énergie primaire électricité 2,3 → 1,91er janvier 2026Arrêté du 13 août 2025 (JO 26 août 2025)
DPE émis dès le 1er janvier 2026 : nouveau coef automatique1er janvier 2026Arrêté du 13 août 2025
Mise à jour gratuite des étiquettes (DPE post-01/07/2021)Depuis le 1er janvier 2026Observatoire DPE-Audit ADEME
Interdiction de location : G en place, F au 1er janvier 20282025 / 2028 / 2034Loi Climat & Résilience du 22 août 2021
Indicateur de confort d'été renforcé (en préparation)Horizon 2028PNACC-3 (mars 2025)

Deux points de calendrier encadrent toute décision. D'une part, le calendrier d'interdiction progressive de location des passoires thermiques issu de la loi Climat & Résilience du 22 août 2021 (loi n° 2021-1104) : les logements classés G sont concernés depuis le 1er janvier 2025, les F le seront au 1er janvier 2028, les E au 1er janvier 2034, via le critère de décence énergétique. D'autre part, la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments (directive (UE) 2024/1275 du 24 avril 2024), à transposer en droit national d'ici le 29 mai 2026, qui vise un parc immobilier à émissions nulles en 2050 et laisse entrevoir de nouveaux ajustements de la méthode.


Refaire, actualiser ou attendre : le mécanisme du nouveau coefficient

Comprendre le mécanisme est la clé de la décision. Tout dépend de trois variables : la date de votre DPE, l'énergie de chauffage de votre logement, et votre projet (vendre, louer ou occuper).

La mise à jour gratuite : la première chose à vérifier

Les DPE émis avant le 1er janvier 2026 conservent leur étiquette d'origine, calculée avec l'ancien coefficient 2,3 — sauf si le propriétaire demande leur mise à jour. Pour les DPE réalisés après le 1er juillet 2021 et encore valides, cette mise à jour est gratuite et ne nécessite aucune nouvelle visite de diagnostiqueur : elle s'obtient en ligne sur l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME (observatoire-dpe-audit.ademe.fr), qui recalcule l'étiquette avec le coefficient 1,9 et délivre une attestation actualisée. C'est le réflexe à avoir avant d'envisager quoi que ce soit d'autre.

Profil : propriétaire d'un T3 chauffé à l'électricité, DPE réalisé en 2022 classé G, projet de vente ou de remise en location — le cas type où la mise à jour gratuite peut suffire à débloquer la situation.

Refaire un DPE : quand c'est nécessaire

Refaire intégralement un DPE — avec visite et facture du diagnostiqueur — n'a de sens que dans des cas précis. Premier cas : votre DPE a été réalisé avant le 1er juillet 2021. Tous ces diagnostics ont expiré au plus tard le 31 décembre 2024 (ceux établis entre 2018 et le 30 juin 2021 étaient valables jusqu'au 31 décembre 2024) ; ils ne sont plus opposables et doivent être refaits avant toute vente ou location. Deuxième cas : vous avez réalisé des travaux (isolation, changement de chauffage) qui modifient réellement la performance — la mise à jour gratuite ne prend en compte que le nouveau coefficient, pas vos travaux. Troisième cas : le DPE d'origine comporte une erreur que vous souhaitez contester et corriger.

Attendre 2027 : dans quels cas c'est rationnel

Attendre peut être un choix patrimonial pertinent — à condition que votre DPE soit encore valide et que vous n'ayez pas de projet de transaction immédiat. Deux évolutions sont annoncées. Le troisième Plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC-3), lancé en mars 2025, prévoit le développement d'un indicateur de confort d'été renforcé à l'horizon 2028, doté d'un budget de 500 000 €, intégrant la localisation du bien via la mesure en degrés-heures. Par ailleurs, la transposition de la directive EPBD attendue avant le 29 mai 2026 pourrait faire évoluer la méthode. Un bien bien classé sur l'enveloppe mais exposé aux fortes chaleurs pourrait gagner ou perdre selon ces futurs paramètres : attendre permet alors d'obtenir un diagnostic calé sur les règles définitives.

Votre situationAction recommandéePourquoi
DPE post-01/07/2021, chauffage électrique, projet de vente/locationMise à jour gratuite ADEMEGain potentiel d'1 à 2 classes, sans frais ni visite
DPE antérieur au 01/07/2021Refaire (obligatoire)Expiré au plus tard le 31/12/2024, non opposable
Travaux réalisés depuis le DPERefaireLa mise à jour gratuite n'intègre pas les travaux
DPE valide, pas de projet immédiat, bien sensible aux chaleursAttendre 2027-2028Indicateur confort d'été renforcé en préparation

Étude de cas : un G électrique qui repasse F ou E (illustratif)

Pour rendre l'arbitrage concret, prenons un cas illustratif. Les valeurs sont indicatives et destinées à montrer le mécanisme ; seule une simulation sur votre logement réel fait foi. Vous possédez un appartement de 65 m² à Lyon, chauffé à l'électricité, dont le DPE réalisé en 2022 affiche la classe G, juste au-dessus du seuil. Ce bien est aujourd'hui interdit à la location (classe G depuis le 1er janvier 2025).

Scénario — Effet de la baisse du coefficient 2,3 → 1,9 sur l'étiquette (illustratif)

PosteAvant (coef 2,3)Après (coef 1,9)
Consommation finale d'électricité110 kWh/m²/an110 kWh/m²/an
Conversion en énergie primaire× 2,3× 1,9
Consommation en énergie primaire~253 kWh/m²/an~209 kWh/m²/an
Étiquette résultante (illustratif)GF, voire E selon le GES

La consommation réelle ne change pas — votre facture non plus. Seule la conversion réglementaire évolue, et elle suffit à faire repasser le logement sous le seuil. Concrètement, en demandant la mise à jour gratuite, ce propriétaire peut sortir de l'interdiction de location applicable aux G, voire des futures restrictions sur les F (au 1er janvier 2028) si l'étiquette atteint E. C'est un gain patrimonial obtenu sans travaux ni frais de diagnostic — d'où l'intérêt de vérifier l'effet du nouveau coefficient avant tout projet.


Les erreurs qui coûtent cher au moment de décider

Erreur n° 1 — Refaire un DPE encore valide alors qu'une mise à jour gratuite suffit

C'est l'erreur la plus fréquente et la plus coûteuse. Si votre DPE date d'après le 1er juillet 2021, il est valable 10 ans : commander un nouveau diagnostic (de l'ordre de 100 à 250 € selon les diagnostiqueurs) pour bénéficier du nouveau coefficient est inutile. La mise à jour gratuite de l'étiquette sur le site de l'ADEME produit le même effet sans frais ni visite. Refaire ne s'impose que si vous avez fait des travaux ou si le DPE comporte une erreur.

Erreur n° 2 — Croire que la mise à jour gratuite prend en compte vos travaux

La mise à jour gratuite ne fait qu'appliquer le nouveau coefficient 1,9 à des données techniques inchangées. Si vous avez isolé vos combles ou remplacé une chaudière par une pompe à chaleur depuis l'établissement du DPE, ces travaux ne seront pas pris en compte : il faut alors un diagnostic complet pour les valoriser. Ne confondez pas revalorisation réglementaire (gratuite) et prise en compte de travaux réels (nouveau DPE payant).

Erreur n° 3 — Attendre 2027 avec un DPE déjà expiré

Attendre n'a de sens que si votre DPE est encore valide. Si le vôtre est antérieur au 1er juillet 2021, il a expiré au plus tard le 31 décembre 2024 : vous ne pouvez ni vendre ni louer sans en refaire un. Reporter dans l'espoir d'un futur indicateur plus favorable bloquerait simplement votre transaction. Vérifiez d'abord la date de votre DPE avant toute stratégie d'attente.

⚠️ Attention : la mise à jour gratuite de l'étiquette via l'ADEME concerne les DPE réalisés après le 1er juillet 2021 et encore valides. Pour les DPE antérieurs, déjà expirés, aucune actualisation n'est possible : seul un diagnostic complet, payant, permet de remettre votre bien en conformité avant une vente ou une location.

Erreur n° 4 — Décider sans simuler l'effet réel du nouveau coefficient

Le passage de 2,3 à 1,9 ne fait pas toujours gagner une classe : l'effet dépend de la part d'électricité dans la consommation, des émissions de gaz à effet de serre (qui peuvent plafonner l'étiquette, indépendamment de l'énergie primaire) et de la position exacte par rapport au seuil. Un logement chauffé au gaz n'en bénéficie pas. Avant de décider de vendre, louer ou attendre, simulez l'impact sur votre étiquette plutôt que de présumer du résultat.


Estimez votre étiquette 2026 avant de décider

Simulateur DPE 2026 OneDpe

Recalculez votre étiquette avec le nouveau coefficient d'énergie primaire de l'électricité (1,9 au lieu de 2,3) : le simulateur applique la réforme du 1er janvier 2026 à votre logement, estime votre nouvelle classe énergétique et vous indique si une mise à jour gratuite suffit ou si un nouveau DPE est pertinent selon votre projet de vente, de location ou de conservation.

Pour aller plus loin : vérifiez la cohérence de votre DPE actuel et, en cas d'anomalie, les recours en cas de DPE erroné.


Conclusion

Refaire son DPE en 2026 ou attendre 2027 ne se tranche pas dans l'absolu, mais selon votre projet et la date de votre diagnostic. Si votre DPE est postérieur au 1er juillet 2021, commencez toujours par la mise à jour gratuite : elle applique le nouveau coefficient sans frais et peut faire gagner une à deux classes, ce qui débloque souvent une vente ou une location. Refaire ne s'impose qu'en cas de DPE expiré, de travaux réalisés ou d'erreur à corriger. Attendre 2027-2028 ne se justifie que pour un bien encore valide, sans projet immédiat, et sensible au futur indicateur de confort d'été.

Avant de choisir, le simulateur DPE 2026 OneDpe permet de mesurer l'effet réel du nouveau coefficient sur votre étiquette et de savoir si une simple mise à jour gratuite suffit — pour décider en connaissance de cause plutôt qu'au jugé.

FAQ

#DPE#Passoire thermique#Rénovation énergétique#Investissement#Loi Climat

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